Covid-19, Violation des droits de l’Homme au Rwanda : Human Rights Watch monte au créneau

Paul Kagame, Président du Rwanda

L’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch dénonce les arrestations, la répression des médias, les viols, les meurtres et autres abus commis par des éléments de la police rwandaise, pendant cette période de confinement.

Dans un communiqué de presse publié ce 24 avril, cette organisation rapporte que la police rwandaise a arrêté arbitrairement des dizaines de personnes, y compris de journalistes et de blogueurs, qui tentaient de révéler les abus et s’assurer du respect des droits humains pendant le confinement.

« Les directives du gouvernement pour prévenir la propagation du Covid-19 ne donnent pas carte blanche aux forces de sécurité pour ignorer l’État de droit et commettre des abus à l’encontre de la population, ni pour emprisonner ceux qui tentent de les révéler », a indiqué Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique Centrale à Human Rights Watchs.

Parmi d’autres abus, Humain Rights Watch note le viol de 4 femmes vivant dans le secteur de Remera, à Kigali, par des soldats responsables de l’application des mesures de confinement, citant la chaîne Youtube IshemaTV, où les victimes ont témoigné.

« Il m’a violée…. Mais qu’est-ce-que je pouvais faire alors qu’il était armé ? Comment j’aurai pu appeler à l’aide alors qu’ils frappaient des gens dehors sans intervention des autorités », a raconté une victime citée par HRW.

Face à ces abus commis par des forces de l’ordre rwandaises, cette organisation appelle le régime Kagame à l’ordre et au respect strict des droits de l’Homme.

« Il est inacceptable que le Rwanda utilise des méthodes autoritaires pour faire appliquer les mesures de santé publique afin d’endiguer la propagation du Covid-19(…). Les autorités rwandaises devraient faire cesser ces pratiques illégales immédiatement, enquêter de manière transparente sur les responsables et traduire en justice les agents impliqués dans les abus et qui ont commis des crimes », a conclu Lewis Mudge.

Signalons par ailleurs que depuis plusieurs décennies, des organisations régionales et internationales dénoncent des cas d’abus des droits humains dans ce pays de l’Afrique de l’Est.