Covid-19 : l’Algérie face à une pénurie de kits de dépistage

Alors que la courbe du nombre de nouveaux cas enregistrés en Algérie semblait être constante, elle est montée en flèche, avec désormais 1468 personnes atteintes de Coronavirus et 193 décès. Selon certains épidémiologistes, cette anomalie révèle une défaillance dans le dépistage, avec notamment une pénurie des kits de test.

La progression du Covid-19 en Algérie a été considérable au cours des derniers jours. Avec une moyenne actuelle d’au moins 100 cas par jour, les bilans des dernières 48 heures soulèvent de nombreuses inquiétudes dans le rang des spécialistes. Selon des épidémiologistes algériens, il y aurait plus de personnes infectées par rapport au nombre de cas enregistrés officiellement. Ce déphasage révèle un sérieux problème de dépistage.

Un spécialiste en épidémiologie a rapporté que les centres de prélèvement  font face à un manque de kits PCR. Au début de l’épidémie, le nombre de prélèvements acheminés à l’Institut Pasteur d’Algérie était compris entre 25 et 30 chaque jour. Aujourd’hui, ce nombre est de 10 à 12 prélèvements journaliers.

Le constat est le même à l’hôpital El Kettar. Le professeur Achour, chef de service à El Kettar, a déclaré que les prélèvements journaliers sont passés d’une moyenne comprise entre 20 et 30 à seulement 10 à 20. Il n’y aurait même pas eu de prélèvement au cours de la journée du 6 avril, en raison de la pénurie de kits.

Des malades non dépistés dans la nature

À l’heure actuelle, les kits de dépistage rapides ne permettent pas de détecter la maladie à ses débuts. Selon le Dr Yousfi, chef de service à l’EHS de Boufarik, les tests rapides « ne sont pas fiables » parce qu’ils ne détectent que des anticorps qui apparaissent seulement au bout de 10 jours d’infection au Covid-19.

Par conséquent, seuls les cas répondant la définition de « suspects » représentent la priorité. Or, l’évolution de la maladie peut être très rapide et aller vers des formes sévères, mettant en danger la vie des malades. Le plus grand problème actuellement est donc la circonscription de la pandémie. Il se pourrait que des porteurs de la maladie soient dans la nature avec le risque d’infecter des personnes non malades.

Le Premier ministre algérien a déclaré, dimanche, qu’une commande de 20 000 kits de transport d’échantillons et de 20 000 kits de dépistage a été lancée par le gouvernement.