Courir dans le désert

La Mauritanienne Race 200, c’est une course de 200 km organisée dans la région d’Atar, en plein désert mauritanien. Pour les sportifs et les amoureux de l’Afrique. Le coup d’essai, en mars 2003, a été un succès. La deuxième édition se tiendra du 7 au 14 mars prochains. Interview de l’un de ses organisateurs, Jean-Pierre Poidevin.

Jean-Pierre Poidevin travaille dans un établissement financier à Paris. Mais sa vraie passion, c’est la course à pied. Coureur longues distances depuis 16 ans, il a déjà usé ses baskets dans cinq Marathons des Sables au Maroc, traversé l’île de la Réunion, et vécu deux Trans-mauritaniennes. Il est à l’origine de la Mauritanienne Race 200, une course organisée dans le désert mauritanien qui s’apprête, en mars 2004, à tenir sa deuxième édition.

Afrik : Pourquoi avoir choisi la Mauritanie pour organiser cette course ?

Jean-Pierre Poidevin :
L’Afrique en général est une piste d’athlétisme intéressante, car c’est un continent sans limites. La Mauritanie m’attirait particulièrement car c’est la terre de Théodore Monod, dont les histoires ont bercé mon adolescence. Je voulais voir où il avait mis les pieds pour pouvoir y mettre les miens ! Je suis tombé amoureux du pays et, avec un ami, j’ai décidé d’y créer une course. La première édition, en mars 2003, a été un succès : 200 km non-stop avec 30 coureurs. Après une semaine, on n’avait plus envie de se quitter ! Les deux-tiers des coureurs étaient d’ailleurs prêts à repartir…

Afrik : Pour la Mauritanienne 2004, vous gardez donc la même formule ?

Jean-Pierre Poidevin :
Oui. La course part d’Azouli et fait une boucle de 200 km, avec un temps maximum autorisé de 75 heures. Nous installons des tentes de repos et de ravitaillement en eau tous les 20 km, avec un bénévole français et mauritanien, et nous disposons la nourriture des participants à l’endroit où ils le souhaitent. Ce sont eux qui gèrent leur temps et leur sommeil ! Le nombre de concurrents est limité à 120 pour des raisons d’organisation et nous avons une équipe médicale de 9 personnes pour surveiller les coureurs. La course est gérée depuis Azougui qui se trouve à 7 km d’Atar. On travaille avec l’auberge Eoud sur place et j’aime beaucoup ce village. Nous avons d’ailleurs le projet de jumeler la petite école de la localité avec une école de l’Essonne, en région parisienne. Car j’espère vraiment organiser cette course de façon pérenne.

Afrik : Qui sont les coureurs ?

Jean-Pierre Poidevin :
La première édition a compté 10% de femmes et 90% de Français ! Il y avait un Belge, un Autrichien et un Norvégien. 80% des coureurs participent uniquement pour la satisfaction d’aller jusqu’au bout, les 20% restant le font pour gagner. Tous sont attirés par le côté course d’aventure et la variété des terrains pratiqués.

Afrik : Quels sont vos partenaires ?

Jean-Pierre Poidevin :
Point Afrique nous aide beaucoup pour le frêt et les vols sur Atar en nous faisant des tarifs intéressants. Nous venons également de nous associer avec la compagnie Montgolfières de Mauritanie qui organise des vols au-dessus du désert. Vu d’en haut, ça doit être extraordinaire !

Afrik : Après la Mauritanie, vous organisez une course au Mali…

Jean-Pierre Poidevin :
En effet, je souhaite monter un Challenge raid africain de trois courses en trois ans, dans trois pays différents. Première étape : le Raid Dogon, au Mali, du 15 au 22 novembre 2004. Suivront le Raid Touareg, à Djanet en Algérie en novembre 2005, et le Raid Ténéré au Niger en novembre 2006. Au Mali, la course est totalement différente et se compose de 4 semi-marathons et u marathon à effectuer dans la matinée. L’après-midi sera consacrée à des visites de la région avec un guide. La formule devrait attirer plus de personnes car les coureurs peuvent venir avec leurs conjoints et découvrir le pays. A midi, un repas malien est prévu, et le dernier jour sera réservé à une ballade sur le fleuve Niger et à une fête à Mopti. Pour cette course, nous souhaitons faire travailler les Maliens au maximum. Les récompenses pour les coureurs seront fabriquées par des artisans locaux, c’est mieux que de repartir avec une coupe !

Afrik : Justement, y a-t-il des coureurs locaux qui participeront ?

Jean-Pierre Poidevin :
Inclure des locaux dans les courses, c’est difficile mais ça serait bien ! On réfléchit à la façon de les intégrer à la course malienne…

Afrik : Qu’est-ce-qui vous pousse à courir et à organiser ces courses ?

Jean-Pierre Poidevin :
On cherche avant tout à se faire plaisir. Et le vrai plaisir, c’est quand les participants ne veulent plus repartir ! Il n’y a aucun bénéfice financier. On veut juste faire découvrir un pays aux coureurs. Quant à moi, je conjugue deux passions, celle de coureur et de visiteur !