Coup de pousse ivoirien à l’agriculture guinéenne

La Côte d’Ivoire a accepté de mettre ses compétences techniques en matière agricole au service de la Guinée-Équatoriale. Et ceci afin de permettre au pays de diversifier son économie. Un secteur laissé à l’abandon depuis une dizaine d’années en faveur de l’exploitation pétrolière.

Dans un pays où le climat est pourtant favorable à la culture agricole, les champs et les plantations sont laissés à l’abandon. La Guinée Équatoriale veut diversifier son économie, trop dépendante du pétrole, en redonnant sa place à l’Agriculture. Et pour tenter de relancer un secteur sinistré depuis plusieurs années, la chambre guinéenne de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture, en tournée africaine, a signé vendredi un protocole d’accord avec son voisin ivoirien. La Côte d’Ivoire devrait, dès le 20 septembre prochain, mettre à disposition ses compétences et  » participer à toutes les actions qui sont de nature à faire pousser l’agriculture sur le sol guinéen « , avait déclaré le président de la chambre d’agriculture lors de la rencontre.

 » Les pays africains doivent prendre conscience que leur indépendance passe par l’autosuffisance alimentaire « , souligne Claude Zagol, Secrétaire exécutif à la Chambre ivoirienne de l’agriculture. Pays à 60% agricole, la Côte d’Ivoire est  » fière de pouvoir exporter son savoir-faire « . Les paysans équato-guinéens seront formés et assistés techniquement dans tous les domaines : techniques d’exploitation et de production, montage de programmes, contact avec les partenaires et les bailleurs de fonds… Semer les graines d’un nouveau secteur économique, abandonné après le boom pétrolier de ces dix dernières années.

L’or noir en faute

Car aujourd’hui, le pays tire ses principales ressources de l’exploitation de l’or noir. Les plates-formes attirent la main-d’oeuvre rurale, après que les travailleurs étrangers aient fui en masse à cause de l’instabilité chronique qui règne en Guinée équatoriale depuis son indépendance en 1968. Quand un ouvrier peut gagner jusqu’à 700 000 F cfa par mois sur une plate-forme, le chaos agricole est inévitable  » avait fait remarquer un membre de la délégation équato-guinéen dans les colonnes du quotidien ivoirien Fraternité Matin. Les jeunes paysans se désintéressent de la terre, jugée moins lucrative.

L’agriculture, autrefois florissante, n’est plus qu’un souvenir. Les plantations de café et de cacao, abondamment exploitées avant l’indépendance par les colons espagnols, ont été désertées. Les paysans produisent aujourd’hui de quoi subvenir à leur propre consommation. Les prix des denrées de bases sont exorbitants sur les marchés où une tomate est vendue 500 F cfa.