Coup d’État manqué à Kinshasa : Yusuf Ezangi extradé vers Londres


Lecture 3 min.
Justice, Tribunal
Tribunal (illustration)

Un ressortissant britannique condamné après la tentative de coup d’État de mai 2024 à Kinshasa a été transféré vers le Royaume-Uni. Cette extradition intervient après plusieurs mois de négociations diplomatiques entre Londres et Kinshasa. Elle s’inscrit dans une série de transferts concernant des étrangers impliqués dans cette affaire.

Le dossier judiciaire du commando qui avait pris d’assaut le Palais de la Nation en mai 2024 franchit une étape décisive. Ce mardi 31 mars, Yusuf Ezangi, considéré comme l’un des cerveaux de la tentative de putsch, a quitté le sol de la République Démocratique du Congo. Condamné à mort par la justice militaire congolaise, ce ressortissant britannique a été remis aux autorités du Royaume-Uni après de longs mois de silence radio et de négociations diplomatiques intenses.

La fin d’une attente nocturne à l’aéroport de Ndjili

Le transfert s’est déroulé dans une discrétion relative, loin de l’effervescence médiatique du procès fleuve de l’année dernière. Yusuf Ezangi, présenté durant l’instruction comme le numéro deux du groupe putschiste, a dû patienter jusqu’aux heures tardives de la nuit à l’aéroport international de Ndjili avant de voir son avion décoller.

Ses avocats ont confirmé que ce dénouement est le fruit d’une année de tractations entre Kinshasa et Londres. Son extraction de la prison de Ndolo marque la volonté de la présidence congolaise de clore ce chapitre international, tout en laissant à la justice britannique le soin de gérer la suite du dossier.

Un cycle d’extraditions internationales quasi bouclé

Yusuf Ezangi n’est pas le seul étranger à avoir bénéficié de ces accords de transfert. Il y a près d’un an, trois citoyens américains, Benjamin Reuben Zalman-Polun, Marcel Malanga et Tyler Thompson, avaient déjà été rapatriés vers les États-Unis où leur procès doit débuter ce mois d’avril. La Belgique avait également obtenu, dans un intervalle similaire, le retour de Jean-Jacques Wondo.

Avec le départ du ressortissant britannique, le paysage carcéral des condamnés étrangers s’éclaircit considérablement. Seul un ressortissant canadien, également d’origine congolaise, reste pour l’instant incarcéré à la prison militaire de Ndolo. L’ambassade du Canada à Kinshasa suit activement le dossier, affirmant que des démarches sérieuses sont en cours pour obtenir un résultat identique.

Une diplomatie judiciaire sous le signe de la commutation

Cette vague d’extraditions soulève la question de la peine capitale, prononcée contre une quarantaine d’accusés dans cette affaire. Pour faciliter ces transferts vers des pays ayant aboli la peine de mort ou s’opposant à son application, une mesure politique semble indispensable.

Une ordonnance du président Félix Tshisekedi est d’ailleurs attendue prochainement pour commuer officiellement les peines de mort en réclusion à perpétuité. Ce pivot juridique permet à la RDC de maintenir sa fermeté face aux crimes contre l’État tout en respectant les exigences de ses partenaires internationaux, transformant une crise sécuritaire majeure en un exercice complexe de relations publiques et de coopération judiciaire mondiale.

Fidele K
LIRE LA BIO
Fidèle K est journaliste et rédactrice spécialisée, passionné par l'Afrique et ses dynamiques politiques, culturelles et sociales. A travers ses articles pour Afrik, elle met en lumière les enjeux et les réalités du continent avec précision et engagement.
Newsletter Suivez Afrik.com sur Google News