Côte d’Ivoire : vers le débloquage du processus électoral ?

La Côte d’Ivoire se dirigerait-elle vers les Présidentielles ? Le Premier ministre Guillaume Soro et le président de la commission électorale Youssouf Bakayoko ont annoncé, dimanche, la relance du processus électoral pour le 10 mai prochain. Une nouvelle encourageante mais qui suscite la perplexité des Ivoiriens en ces temps de troubles. Jeudi dernier, deux éléments de l`ex-rébellion ivoirienne des Forces nouvelles (FN) et un civil sont morts lors d`affrontements entre factions FN rivales dans leur fief de Bouaké, au centre du pays.

Du nouveau dans l’agenda ivoirien. Après quatre mois de blocage, le processus électoral devrait reprendre le 10 mai prochain, ont indiqué, dimanche, dans un communiqué, le Premier ministre Guillaume Soro et le président de la commission électorale Youssouf Bakayoko. Au programme : la relance du traitement des contentieux sur la liste des votants. Celle-ci devrait concerner essentiellement « la liste barrée aussi appelée  » liste grise « , qui regroupe des cas litigieux, publiée en marge de la liste électorale provisoire et où figurent plus d’un million de pétitionnaires non retrouvés sur aucun fichier ». Selon le document, les personnes concernées auront dix jours pour fournir les justificatifs nécessaires pour figurer sur la liste électorale.

Une liste définitive « propre »

Au total, 415 « Comités de réclamation » seront « mis en place auprès des commissions électorales indépendantes (CEI) locales sur l’ensemble du territoire » pour examiner ces requêtes. Composés de représentants des principales structures chargées du processus électoral, « ils disposent de 15 jours à compter du 10 mai pour rendre toutes les décisions », précise le texte. Une deuxième phase pour le traitement de la liste provisoire dite blanche, comprenant près de 5,3 millions d’inscrits, « interviendra plus tard ».

Pour la Côte d’Ivoire, il s’agit de mettre en place une liste définitive « propre » pour « l’organisation d’élections justes, transparentes et apaisées », concluent-ils dans leur communiqué. La reprise des opérations électorales a été récemment au cœur de vifs échanges entre le camp présidentiel et l’opposition, les partisans de M. Gbagbo réclamant un « audit » des listes, notamment celle de 5,3 millions de personnes. Le traitement des contentieux avait été suspendu le 10 février dernier, après des affrontements entre l’opposition qui manifestent contre les procès de présumés étrangers sur la liste, qui se sont déroulés à la demande du camp de Laurent Gbagbo.

Et la réunification du pays ?

Pour apaiser les tensions, le président ivoirien a promis samedi, à l’occasion de la fête du 1er mai, des listes électorales « nettoyées » et l’organisation de la présidentielle en 2010. Malgré la volonté affichée de Laurent Gbagbo d’accélérer le processus électoral, la question de la réunification du pays reste toujours en suspens. Les éléments du FN, n’ont été ni démobilisés ni reversés dans des brigades mixtes (loyalistes et ex-rebelles), comme cela avait été convenu lors des accords de Ouagadougou. Cette opération, censée débuter dans quelques jours, s’avère difficile à mettre en place au vu des troubles qui règnent dans certaines parties du pays. Jeudi dernier, deux éléments de l`ex-rébellion ivoirienne des Forces nouvelles (FN) et un civil sont morts lors d`affrontements entre factions FN rivales dans leur fief de Bouaké, localité située au centre du Côte d’Ivoire. Ces dernières années, plusieurs affrontements se sont déroulés entre factions FN, qui contrôlent le nord du pays et ses ressources depuis leur coup d`Etat manqué de 2002.

Cette relance du processus électoral laisse les Ivoiriens perplexes. « C’est une promesse qui subira indubitablement le même sort que ses aînées à cause de la versatilité de son auteur. Finalement, on est en droit de se demander ce que veut réellement le chef de l’Etat. Si ce sont les élections ou leur contraire, car, dans la pratique, Laurent Gbagbo ne pose aucun acte qui traduise sa volonté d’aller aux élections », explique le quotidien Le mandat. Après les paroles, les Ivoiriens attendent de leur président des actes.