Côte d’Ivoire : une commission d’enquête sur les crimes post-électoraux

Le gouvernement ivoirien mettra en place une commission d’enquête sur les exactions commises après le scrutin présidentiel du 28 novembre 2010. La décision a été annoncée ce mercredi après le Conseil des ministres. Alassane Ouattara, le chef de l’ État, est sous pression depuis que les Nations unies, Amnesty International et Human Rights Watch ont rendu public des rapports incriminant aussi bien ses forces que celles de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo.

Le gouvernement d’Alassane Ouattara a décidé mercredi de créer une commission nationale d’enquête sur les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis suite à l’élection présidentielle de novembre dernier. Le scrutin a plongé la Côte d’ivoire dans une crise post-électorale qui a connu son épilogue avec l’arrestation du président sortant Laurent Gbagbo le 11 avril dernier. Le gouvernement a promis dans son communiqué de « faire la lumière sur toutes les violations des droits de l’homme commises pendant la crise ». Le chef de l’Etat, Alassane Dramane Ouattara (ADO) a exprimé le souhait que « toutes les enquêtes annoncées soient rapidement menées afin que les responsabilités soient établies et les sanctions, s’il y a lieu, soient prises ».

Alassane Ouattara sous pression

ADO est sous pression depuis que les Nations Unies, Amnesty International et Human Rights Watch ont publié des rapports accablants tant les Forces de défense et de sécurités (FDS, pro-Gagbo) que les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI, pro-Ouattara). Les trois organisations ont réclamé l’établissement d’une commission indépendante et impartiale qui enquêterait sur les crimes commis par les deux camps. Ils sont accusés d’avoir commis des actes de barbarie : crimes de guerre, viols et tortures notamment Les FDS pendant le conflit et les FRCI durant la bataille d’Abidjan et après l’arrestation de Laurent Gbagbo. Ce dernier, assigné à résidence à Korhogo (nord) est l’objet de nombreux chefs d’inculpations dont de crimes contre l’humanité. La justice ivoirienne a lancé une série d’enquêtes préliminaires visant sa femme Simone et d’anciens responsables politiques, proches de Laurent Gbagbo. La Cour pénale internationale (CPI) est chargée d’enquêter sur les crimes les plus graves. En mai dernier, Alassane Ouattara a créé une commission Vérité, dialogue et réconciliation, présidée par l’ancien Premier ministre Charles Konan Banny.

Le conflit en Côte d’Ivoire a fait plus de 3 000 morts et des centaines de milliers de déplacés.

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