Côte d’Ivoire : un 52ème anniversaire de l’indépendance sous tension

La côte d’Ivoire célèbre ce mardi le 52e anniversaire de son indépendance dans un climat de tension. L’attaque perpétrée lundi contre le camp militaire de Dukoué, qui a fait sept morts, montre que le pays est loin d’être apaisé.

L’insécurité est dans tous les esprits en Côte d’ivoire, alors que le pays célèbre ce mardi le 52ème anniversaire de son indépendance. L’attaque perpétrée lundi contre le camp militaire de Dukoué, à Abidjan, qui a fait sept morts, a créé la psychose. Elle fait suite à une première qui a fait quatre morts ce week-end. Le président ivoirien Alassane Ouattara a tenté de rassurer ses concitoyens lors d’un discours à la télévision. Selon lui, l’insécurité en Côte d’Ivoire se limite à des « poches résidentiels. J’ai donné des instructions pour mener une lutte sans merci contre ceux qui ont pour objectif de créer une psychose et un sentiment d’insécurité dans le pays. » Le ministère de la Défense a quant à lui évoqué des « actions de sabotage au moment où les Ivoiriens s’apprêtent à célébrer le 52e anniversaire de l’indépendance ».

Un pays meurtri

Le pouvoir minimise la situation mais l’ouest du pays est toujours miné par l’insécurité. Les habitants sont confrontés quotidiennement aux viols, agressions, meurtres. Pour les pro-Gbagbo, le régime du président Ouattara est responsable de ces crimes. Une plainte a été déposée lundi 25 juillet contre le président ivoirien pour tous les crimes de guerres commis depuis la crise post-électorale de novembre 2010. La procédure a été menée par Alain Toussaint, ex-conseiller de Laurent Gbagbo, Martine Kei Vao, présidente de l’association des Ressortissants de Côte d’Ivoire et Basile Besnard, avocat au Barreau de Paris. Ils ont écrit un courrier aux ministères des Affaires étrangères, réclamant que la France mène une enquête sur ces exactions.

Cette tension permanente dans le pays montre que la Côte d’Ivoire est loin d’avoir pansé ses plaies. Elle est toujours meurtrie par cette décennie de turbulences qui s’est abattue sur elle. Et Les violences post-électorales de novembre 2010, qui ont opposé les pro-Gbabo aux pro-Ouattara, hantent toujours les esprits. Le pays est éclaté. La réconciliation nationale mise en route par le régime Ouattara n’a pas encore porté ses fruits. Les Pro-Gbagbo, eux, estiment être les seuls à être mis sur le banc des accusés. Ils exigent la libération de l’ex-président Laurent Gbagbo, prisonnier de la Haye. Et souhaitent voir des responsables du camp Ouattara traduits en justice. Le président Ouattara a, lui pour sa part, promis que tous les responsables de crimes seront traduits en justice. En attendant, la violence entraîne un climat malsain dans le pays.

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