Côte d’Ivoire : Simone Gbagbo s’oppose à ses juges

Simone Gbagbo, l’épouse de l’ancien Président de la Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, a été entendue ce lundi à la Cour d’assises d’Abidjan pour atteinte à la sureté de l’Etat. Elle a déclaré ne pas savoir ce qui lui était reproché.

Simone Gbagbo a été entendue, ce lundi 23 février 2015, par la Cour d’assises d’Abidjan qui juge 83 personnes accusées d’avoir participé aux violences de la crise post-électorale de 2010-2011, qui ont fait près de 3 000 morts. Ses avocats ont demandé l’annulation du procès en vertu de l’immunité parlementaire dont elle aurait pu bénéficier. Demande rejetée par la Cour. La femme de Laurent Gbagbo s’est vivement défendue, indiquant ignorer les raisons de sa présence au tribunal, rapporte Abidjan.net.

« Ingérence de la France »

« Laurent Gbagbo est le vainqueur de la Présidentielle de 2010 », a-t-elle déclaré, critiquant violemment « l’ingérence des autorités françaises » et notamment de Nicolas Sarkozy, alors Président de la France, qui avait soutenu Alassane Ouattara.

Les « troupes rebelles de Soro (actuel président de l’Assemblée nationale et ancien chef des Forces Nouvelles) et d’ADO (Alassane Dramane Ouattara), appuyées par l’ONU et les forces françaises, ont massacré des populations civiles, humilié des représentants de l’Etat », a notamment déclaré Simone Gbagbo, renvoyant la responsabilité des tueries au régime en place.

Jusque-là, ce sont des anciens cadres du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de l’ex-Président Laurent Gbagbo, d’anciens ministres notamment qui ont été entendus.

Manque de preuves

A chaque audition, l’accusation s’est fait remarquer par un manque de preuves. Aucun témoin n’a, pour l’instant, été entendu à charge. Tous les accusés ont réfuté les accusations portées contre eux, insistant sur le caractère illégal de la prise de pouvoir d’Alassane Ouattara, alors que le Conseil Constitutionnel, instance suprême, avait décidé de la victoire de Gbagbo. L’actuel Président avait alors été déclaré vainqueur par la communauté internationale et l’envoyé de l’ONU en Côte d’Ivoire.

L’ex-Première dame a été arrêtée en même temps que son mari, le 11 avril 2011. Elle ne s’est pas exprimée publiquement depuis cette date.