Côte d’Ivoire : reprise du dialogue entre le pouvoir et l’opposition

Dimanche, le Front populaire ivoirien (FPI) a tenu sa convention nationale à Abidjan, au lendemain de la relance du dialogue entre le pouvoir et l’opposition. Le parti continue de réclamer un meilleur fonctionnement de la justice et la libération de ses responsables emprisonnés dont Laurent Gbagbo détenu à la Haye.

Le Front Populaire ivoirien (FPI) n’a pas dit son dernier mot. Le parti de Laurent Gbagbo a tenu sa convention ce dimanche à Abidjan. Plus de deux mille personnes ont participé à l’évènement, selon RFI.

Le FPI a appelé la communauté internationale à agir pour que le gouvernement ivoirien mette fin à une « justice à deux vitesses ». Le parti a également réclamé la libération de tous ses responsables incarcérés dont Laurent Gbagbo. L’ancien président ivoirien accusé de crimes contre l’humanité est détenu à la Haye, aux Pays-Bas, depuis le 30 novembre 2011. Son refus de céder le pouvoir à son rival Alassane Ouattara a entrainé une crise post-électorale qui a fait plus de trois mille morts dans le pays.

Simone Gbagbo, son épouse, Pascal Affi N’Guessan, le président du FPI, et bien d’autres membres du camp Gbagbo sont toujours détenus sur le territoire ivoirien. En attendant leur libération, Sylvain Miaka Ouretto s’est retrouvé à la tête du FPI.

Reprise des discussions avec le pouvoir

Ce retour du FPI sur le devant la scène politique n’est pas anodin. Le dialogue entre le pouvoir et l’opposition est officiellement relancé. En panne depuis les législatives de décembre 2011, qui avaient été boycottées par le parti de l’ex-chef d’Etat, le Premier ministre Jeannot Kouadio-Ahoussou a convoqué vendredi à Grand-Bassam, dans l’Est d’Abidjan, les membres de l’opposition.

Même si le FPI n’était présent que comme « observateur », plusieurs personnalités politiques du pays ont salué la reprise des discussions. C’est le cas de Laurent Dona Fologo, ancien président du Conseil économique et social. « Nous avons fait assez d’erreurs dans le passé, considère-t-il. Il est temps de mettre fin à la méfiance. Aujourd’hui, notre président, président de la Cedeao, prêche le dialogue au Mali et en Guinée-Bissau. Nous ne pouvons pas accueillir ici nos frères pour le dialogue et la détente et ne pas le faire chez nous ». Même son de cloche pour Mamadou Coulibaly, l’ex-président de l’Assemblée nationale, qui estime que ce n’est pas le peuple ivoirien qui est divisé mais sa classe politique.

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