Côte d’Ivoire: Poursuite de la grève dans le secteur cacao

Le mouvement de grève illimitée déclenché lundi dernier par l’Association nationale des prodcuteurs de café-cacao de Côte d’Ivoire (ANAPROCI) soutenue par l’Union des exportateurs de café-cacao de Côte d’Ivoire, s’est poursuivi mardi et mercredi dans la quasi-totalité des zones de production, selon des sources proches du syndicat des planteurs.

Le mouvement, qui semble s’être durci mardi dernier avec l’entrée en lice de plusieurs organisations de planteurs qui ne s’étaient pas associées au mot d’ordre de l’ANAPROCI, s’est soldé par la paralysie totale des ports d’Abidjan et de San-Pedro, qui n’ont pas reçu le moindre chargement de cacao.

Installation de barrages filtrants

Sur le terrain, les producteurs ont continué à ériger des barrages sur les principaux axes routiers menant à la capitale économique, en fouillant systématiquement les véhicules, à la recherche des produits vivriers destinés aux marchés d’Abidjan.

Selon des témoignages de voyageurs recueillis par le correspondant de la PANA, même les particuliers n’échappent pas à ces fouilles, qui se sont vus délester du moindre sac contenant des ignames ou des bananes plantain.

Par la voix de son président, M. Henri Amouzou, qui était entré dans la clandestinité, en raison, affirme-t-on à l’ANAPROCI, des menaces de mort qu’il a reçues, l’Association a déclaré avoir rejeté une proposition de suspension du mouvement jusqu’au retour à Abidjan du président Laurent Gabgbo et du Premier ministre Charles Konan Banny, qui se sont rendus à Addis-Abeba, en Ethiopie, pour participer au sommet du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine.

Les planteurs déterminés à se faire entendre

Les planteurs ont réaffirmé leur détermination à poursuivre leur mouvement encore ce mercredi, et de passer à une phase supérieure, dès jeudi matin, en faisant monter 10.000 paysans à Abidjan, s’ils n’obtiennent pas satisfaction.

On rappelle que l’ANAPROCI, qui est le principal syndicat paysan de la filière cacao, qui compte plus de 600.000 travailleurs, exige que le prix bord champ, qui a été récemment fixé à 400 francs CFA le kilogramme par la Bourse du café et du cacao (BCC), soit relevé à 600 FCFA, la baisse de moitié du Droit unique de sortie (220 FCFA) et le déblocage de ses fonds, estimés à quelque 7 milliards de FCFA.