Côte d’Ivoire: pour le FPI tendance Sangaré, les conditions de l’organisation de la Présidentielle ne sont pas réunies

La fraction du Font populaire ivoirien (FPI) qui ne reconnait plus son président officiel Pascal Affi N’Guessan a dénoncé, ce lundi, la politique autoritaire mise en place par le Président Alassane Ouattara et a appelé au boycott des activités de la Commission électorale indépendante (CEI).

Le Front populaire ivoirien tendance Abou Drahamane Sangaré qui ne reconnait plus la légitimité du président officielle Pascal Affi N’Guessan a appelé au boycott des activités de la Commission électorale indépendante (CEI) à près de cinq mois de l’élection présidentielle. L’annonce a été faite, ce lundi 15 juin 2015, dans un communiqué signé du Secrétaire général adjoint, Koné Boubacar.

« La dictature du régime Ouattara »

Cette fraction dissidente du FPI a dénoncé « la dictature et l’épuration ethnique mises en œuvre par le régime Ouattara » dans le texte que l’on peut lire sur connectionivoirienne.net. A l’inverse, le même jour, Pascal Affi N’Guessan, qui intervenait sur la radio onusienne de Côte d’Ivoire a appelé à la mobilisation des électeurs pour s’inscrire sur les listes électorales.

Le quatrième Recensement général de la Population et de l’Habitat (RGPH) lancé par le pouvoir, en 2014, avait été dénoncé par l’opposition ivoirienne dans son ensemble comme une manœuvre du Président Ouattara visant à naturaliser des « étrangers » qui lui sont favorables. Elle avait appelé au boycott de l’opération.

Un président inéligible ?

Les opposants à Pascal Affi N’Guessan, interne au FPI, persistent en appelant la population à ne pas participer à toutes les activités mises en place par la CEI, notamment la révision de la liste électorale lancée le 1er juin et l’élection présidentielle d’octobre prochain.

Ils ont appelé à la mise en place d’une CEI « consensuelle, équitable et impartiale » ainsi qu’à l’établissement d’une nouvelle liste électorale. Ils reprochent au pouvoir du chef de l’Etat Alassane Ouattara de réprimer toute contestation, notamment la marche du 9 juin dernier.

Le FPI tendance Sangaré a insisté sur l’inéligibilité du chef de l’Etat au regard de l’article 35 de la Constitution qui stipule que le président de la République de Côte d’Ivoire doit être Ivoirien d’origine né de père et de mère eux-mêmes Ivoiriens d’origine.

Article 35 de la Constitution ivoirienne du 23 juillet 2000 :

Le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. Il n’est rééligible qu’une fois.
Le candidat à l’élection présidentielle doit être âgé de quarante ans au moins et de soixante quinze ans au plus.
Il doit être Ivoirien d’origine, né de père et de mère eux-mêmes Ivoiriens d’origine.
Il doit n’avoir jamais renoncé à la nationalité ivoirienne.
Il ne doit s’être jamais prévalu d’une autre nationalité.
Il doit avoir résidé en Côte d’Ivoire de façon continue pendant cinq années précédant la date des élections et avoir totalisé dix ans de présence effective.
L’obligation de résidence indiquée au présent Art. ne s’applique pas aux membres des représentations diplomatiques et consulaires, aux personnes désignées par l’État pour occuper un poste ou accomplir une mission à l’étranger, aux fonctionnaires internationaux et aux exilés politiques.
Le candidat à la Présidence de la République doit présenter un état complet de bien-être physique et mental dûment constaté par un collège de trois médecins désignés par le Conseil constitutionnel sur une liste proposée par le Conseil de l’Ordre des Médecins. Ces trois médecins doivent prêter serment devant le Conseil constitutionnel.
Il doit être de bonne moralité et d’une grande probité. Il doit déclarer son patrimoine et en justifier l’origine.