Côte d’Ivoire : Ouattara administre une bonne leçon de démocratie à ses homologues africains

Le Président de la Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara

En Côte d’Ivoire, le Président Alassane Dramane Ouattara a mis un terme définitif aux spéculations sur un éventuel troisième mandat. En effet, dans une déclaration faite à Yamoussoukro, il a annoncé qu’il ne sera pas candidat à la prochaine élection présidentielle, donnant du coup une bonne leçon de démocratie à ses homologues africains

Après deux quinquennats, le Président ivoirien Alassane Dramane Ouattara, aujourd’hui âgé de 78 ans, a pris la décision de ne peut être candidat à sa propre succession, lors de la prochaine élection présidentielle d’octobre 2020, administrant du coup, une bonne leçon de démocratie à ses homologue du continent africain. Ainsi, il a mis un terme à plusieurs mois de spéculation, sur un éventuel troisième mandat. Une perspective qui avait commencé à polluer la situation politique nationale. Il a fait l’annonce lors d’un discours qu’il a tenu, ce jeudi 5 mars 2020, à Yamoussoukro et devant les parlementaires ivoiriens, réunis en congrès.

« Je voudrais annoncer solennellement, que j’ai décidé de ne pas être candidat à l’élection présidentielle du 31 octobre 2020 et de transférer le pouvoir à une jeune génération », écrit le Président Alassane Dramane Ouattara sur son compte Twitter, repris par différents médias internationaux. Cette décision va certainement contribuer à amoindrir la tension politique qui règne dans le pays. D’ailleurs, avec le mystère entretenu par le chef de l’Etat sur le supposé troisième mandat, tous les observateurs commençaient à redouter le syndrome de la Présidentielle de 2010. La crise politique aiguë, qui s’en est suivie avait été marquée par des milliers de morts.

Mais avec cette dernière sortie du Président Alassane Dramane Ouattara, toutes les conditions sont en train d’être réunie, pour un retour à la sérénité dans toutes les chapelles politiques, afin que la compétition électorale se déroule sans anicroches. Mais avec cette déclaration, force est aussi de noter que tous les regards étaient tournés vers l’ancien chef de la rébellion Guillaume Soro, pour avoir une idée de son appréciation de cette nouvelle donne politique. Etant sous le coup d’un mandat d’arrêt en Côte d’Ivoire et séjournant actuellement en France, Guillaume Soro a réagi sur son compte tweeter, en se contentant de dire, « je ferai une adresse à la nation bientôt, suite à l’adresse du président de la République ».

Avec cette adresse, le Président Alassane Dramane Ouattara a donné une bonne leçon de démocratie à ses pairs chefs d’Etat africains. En effet, le voisin la Guinée est aujourd’hui au bord de l’implosion politique à cause de l’intention prêtée au Président Alpha Condé de briguer un troisième mandat. L’opposition et la société civile, regroupées autour du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) luttent depuis plusieurs mois contre le projet de troisième mandat, avec à la clé plusieurs morts. Au Sénégal aussi, le débat sur un éventuel troisième mandat du Président Macky Sall commence à vicier le climat politique.

Là également, les suspicions viennent du fait que le pouvoir entretient le flou autour de la question et des responsables de haut niveau du parti présidentiel ont été politiquement sanctionnés pour avoir écarté possibilité de troisième mandat pour le Président, tandis que ceux qui soutiennent le contraire n’ont fait l’objet d’aucune mesure. « Ce soir, la Côte d’Ivoire donne l’exemple », a indiqué à son tour le Président français Emmanuel Macron dans un tweet.