Côte d’Ivoire : le mirage du dialogue

Le dialogue engagé par la Communauté économique de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) n’a pas permis ce mardi de trouver une solution à la crise post-électorale en Côte d’Ivoire. Laurent Gbagbo s’est néanmoins dit prêt au dialogue, une offre que son rival Alassane Ouattara, l’autre président ivoirien a immédiatement rejeté ce mardi. Pour l’Union africaine, le partage du pouvoir en Côte d’Ivoire n’est pas à l’ordre du jour et la Cedeao, pour sa part, n’a pas renoncé à l’usage de la force pour obliger Laurent Gbagbo à renoncer au fauteuil présidentiel.

La médiation de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) se solde ce mardi par un échec. L’organisation sous-régionale ne renonce pas à l’usage de la force pour faire quitter le pouvoir à Laurent Gbagbo, l’un des deux présidents ivoiriens. « Si l’exploitation de la voie pacifique est infructueuse, alors l’option militaire peut aussi être considérée comme un moyen de résoudre de façon durable la crise en Côte d’Ivoire », a déclaré James Victor Gbeho, président de la Commission de la Cédéao, rapporte l’AFP.

Selon les émissaires de la Cedeao (les présidents Boni Yayi du Bénin, Ernest Koroma de la Sierra Leone et Pedro Pires du Cap-Vert), qui étaient à Abidjan ce lundi, Laurent Gbagbo a néanmoins « accepté de négocier une issue pacifique de la crise ». Il a ainsi promis de lever le blocus imposé au QG d’Alassane Ouattara, président élu de la Côte d’Ivoire selon la Commission électorale indépendante (CEI). L’offre a été rejetée par le camp d’Alassane Ouattara. « Tout ce qu’on attend c’est qu’il s’en aille, le reste n’a aucun intérêt pour nous », a affirmé ce mardi Ali Coulibaly, conseiller diplomatique d’Alassane Ouattara.

Pas de partage du pouvoir en Côte d’Ivoire

L’Union africaine (UA) a déjà exclu, quant à elle, l’option d’un partage du pouvoir. « Ce que l’on appelle la solution kenyane est désormais en vogue, a déclaré ce mardi le Premier ministre kenyan Raila Odinga, médiateur de l’UA. Et de poursuivre : « Quand les gens perdent les élections ils veulent rester au pouvoir en espérant pouvoir négocier ce genre de partage du pouvoir avec les opposants ». Raila Odinga a indiqué qu’il avait précisé au président sortant ivoirien « que cette option n’était pas disponible ». « L’expérience kenyane a été répétée au Zimbabwe sans grand succès jusqu’à présent (…) Ce n’est pas une façon de faire avancer les processus de démocratisation africains. C’est ce que l’équipe a dit à M. Gbagbo », a expliqué le Premier ministre kenyan, rapporte l’AFP.

Les Etats-Unis se sont alignés sur la position de l’UA. « Aucune solution ne doit prévoir un accord de partage du pouvoir », a affirmé ce mardi Philip Crowley, le porte-parole de la diplomatie américaine, qui a de nouveau exigé le départ de Laurent Gbagbo. Le Président français Nicolas Sarkozy, lui, a réaffirmé son soutien à Alassane Ouattara : « Le président de la Côte d’Ivoire s’appelle Alassane Ouattara ». « J’appelle toutes les parties à respecter le choix du peuple ivoirien qui s’est clairement exprimé », a-t-il ajouté.

La crise post-électorale qui secoue la Côte d’Ivoire depuis le 2 décembre a déjà fait au moins 173 morts, selon les Nations unies.