Côte d’Ivoire : le gouvernement a « échoué à protéger la population » dans le nord

La sécurité des habitants dans le nord de la Côte d’Ivoire est fortement compromise par des attaques récurrentes de groupes armés qui rançonnent la population. L’ONG Human Rights Watch appelle le gouvernement à renforcer son dispositif sécuritaire dans le nord. Un important dispositif sécuritaire est justement en cours de déploiement, dans le pays.

Coïncidence ? Alors que l’ONG Human Rigths Watch a appelé les autorités à répondre à l’instabilité de la situation sécuritaire dans le nord de la Côte d’Ivoire, ce lundi, le gouvernement a annoncé le déploiement d’un important dispositif de forces de l’ordre dans le pays. L’organisation non-gouvernementale dénonce les attaques récurrentes de groupes armés auxquelles font face les civils dans le nord de la Côte d’Ivoire.

Les personnes dans le nord « sont terrorisées »

« Les personnes qui vivent, travaillent et voyagent dans le nord de la Côte d’Ivoire sont terrorisées par des hommes armés qui semblent agir sans grande crainte d’être arrêtés, encore moins traduits en justice », a déclaré la directrice de la Division Afrique de l’Ouest à Human Rights Watch, Corinne Dufka. Elle appelle le gouvernement ivoirien à « protéger les personnes contre ces attaques incessantes et souvent violentes ».

Human Rights Watch décrit des attaques de la population par des bandes très armées et d’une grande violence. Les plaintes contre les agresseurs n’aboutissent jamais dans la région. La justice ne parvient pas à asseoir son autorité sur place, précise l’organisation.

Un déploiement sécuritaire annoncé

Au même moment, le gouvernement a annoncé le déploiement d’un important dispositif sécuritaire à travers le pays.

Le nord du pays est en crise depuis le début de la guerre civile en 2002. Les rebelles des Forces Nouvelles ont contrôlé la moitié nord du pays depuis cette date. En 2011, ils ont conquis le sud, en soutenant l’accession d’Alassane Ouattara à la tête du pays. Depuis, alors que certains ont été démobilisés ou intégrés dans l’armée nationale, ils sont nombreux ces anciens combattants à continuer à vivre de leurs armes en rançonnant la population.