Côte d’Ivoire : le FPI de Laurent Gbagbo emporte la majorité

Marquées par une participation de seulement 34 % des électeurs, les élections législatives ivoiriennes ont donné une majorité relative au parti du président, avec 83 circonscriptions sur 171 attribuées lundi soir. En France, M Ouattara nie la légitimité des scrutins et appelle le président à négocier avec lui.

Avec 83 sièges pour 171 résultats publiés sur un total de 225, le Front populaire ivoirien (FPI, socialiste) du nouveau président Laurent Gbagbo semblait en passe, lundi soir, de remporter la victoire aux élections législatives ivoiriennes marquées par une très forte abstention. Le FPI, qui n’a pas obtenu la majorité absolue des sièges au Parlement ivoirien, gouvernera avec le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, ancien parti unique).

Dimanche dans le nord du pays, une situation quasi insurrectionnelle avait empêché la tenue de la majorité des scrutins. En raison d’un boycott massif des urnes décidé par le RDR d’Alassane Ouattara, seulement trois circonscriptions sur 32 ont accueilli des électeurs, selon le ministère de l’Intérieur. Les partisans du RDR avaient juré de s’opposer à la tenue des scrutins. Dans la  » capitale  » septentrionale, Korhogo-commune, le taux de participation semble ne pas avoir dépassé 10 %. Il serait également très faible à Bondoukou (nord-est), avec un taux de participation de 18%.

Sur le plan national, la participation n’a pas dépassé 34 %, ce qui n’a pas empêché le président Gbagbo de déclarer, en allant voter dimanche, qu’une  » grande majorité [était] en train d’élire nos députés « . Humour involontaire ? Les législatives permettent en tous cas au président, élu en quelque sorte par défaut en octobre – la majorité des électeurs ayant semblé surtout préoccupée de faire battre le général Gueï – d’affirmer un poids nouveau dans la coalition que son parti compose avec l’historique PDCI.

Le RDR lutte pour survivre

Quant à l’attitude du pouvoir vis-à-vis du RDR et de son leader Alassane Ouattara, on retiendra que la proposition du Comité de médiation de repousser les élections d’une semaine et de geler la circonscription de M. Ouattara avait été repoussée, samedi, par le gouvernement. Une position extrêmement ferme, alors que les partenaires étrangers et notamment la France, font pression sur l’actuel pouvoir afin qu’il accepte une solution concertée. A noter, enfin, qu’une réunion du comité de médiation de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest a débuté lundi en fin d’après-midi à Bamako. La situation en Côte d’Ivoire fait partie de son ordre du jour.

Dans un entretien accordé au quotidien français La Croix et publié lundi, le leader du RDR, Alassane Ouattara, en France depuis le 22 novembre, a estimé pour sa part que les élections en cours n’étaient  » pas valables « . Il a appelé le président de la République à négocier  » pour sauver l’intégrité de la Côte d’Ivoire et préserver l’unité des Ivoiriens « . Depuis Abidjan, Mme Henriette Diabaté, secrétaire générale du RDR, a déclaré lundi soir que le scrutin de dimanche n’avait pas été  » un échec total  » pour son parti, qui entame désormais  » une lutte existentielle « .

L’état d’urgence régit encore le pays, en principe jusqu’à mardi matin.