Côte d’Ivoire : le coup d’Etat a échoué

Des combats se sont déroulés toute la nuit et une partie de la matinée à Abidjan, capitale économique de la Côte d’Ivoire. Ils opposaient des forces loyalistes aux soldats mutins qui se sont emparés cette nuit des sièges de la télévision et de la radio.

La situation reste confuse en Côte d’Ivoire après une  » tentative de coup d’Etat  » qui aurait commencé lundi vers 23h 30 GMT. Selon le ministre de l’Intérieur Boga Dougou, les assaillants non-identifiés auraient été  » maîtrisés sur tous les fronts « . Des tirs étaient toujours entendus ce matin, vers huit heures GMT, autour du siège de la radio nationale, à Abidjan, au moment où les forces loyalistes ont pris d’assaut le bâtiment public. Bilan des combats, trois rebelles et deux gendarmes tués.

Les mutins auraient en effet réussi à s’emparer des sièges de la radio et de la télévision publique basés à Abidjan. Les émissions n’avaient toujours pas repris ce matin. Peu après trois heures du matin (heure locale et GMT) les hommes en armes ont pu lancer un appel au ralliement sans formuler aucune revendication ni indiquer les commanditaires de leur coup de force.

Situation calme à Abidjan

Selon une source sur place interrogée par téléphone, la présence des militaires fidèles au pouvoir serait réduite aux quartiers du Plateau, Cocody et à la voie conduisant à l’aéroport où des barrages filtreraient la circulation. Selon un autre témoin oculaire, quelques chars continuaient à circuler dans le quartier de Marcory.

Derrière le pont Charles De Gaulle, qui relie les quartiers administratifs de Cocody et du Plateau au reste de la ville, l’activité serait quasi normale, les Ivoiriens vacant à leurs occupations habituelles. Seul signe attestant de la situation : l’absence de transports en commun. Information qui tend à penser que l’appel à rester chez soi, lancé par les mutins aux Abidjanais n’a pas été entendu.

De sources officielles, plusieurs assaillants ont été arrêtés, mais leur identité n’a pas été révélée. M. Boga Dougou n’a par ailleurs pas souhaité se prononcer sur les commanditaires du coup d’Etat. Il a toutefois affirmé à Radio France Internationale  » avoir une idée  » sur la question. Outre les sièges de la télévision et de la radio nationale, le camp principal de gendarmerie d’Abidjan, Agban, aurait été attaqué. Selon le ministre de l’Intérieur, les assaillants y auraient été mis  » en déroute « .