Côte d’Ivoire : la police accusée de réprimer des manifestations, aidée par des civils armés

Après l’annonce de la candidature d’Alassane Ouattara au prochain scrutin présidentiel, la Côte d’Ivoire a enregistré une montée de manifestations, contestant l’intention du Chef de l’État de briguer un troisième mandat. Selon Amnesty International, des éléments de la police ont fait appel à des groupes d’hommes munis d’armes blanches pour réprimer ces manifestations organisées par des leaders de la société civile et de l’opposition.

La police ivoirienne est accusée d’usage de forces excessives lors des rassemblements pacifiques contre la candidature d’Alassane Ouattara à un troisième mandat. Mais pas que. A en croire Amnesty International, la police ivoirienne a fait appel à des groupes d’hommes armés de machettes et de gros bâtons en vue de réprimer ces manifestations. Cette situation a conduit à l’arrestation d’au moins 70 personnes entre le 10 et le 14 août, tandis qu’une dizaine de manifestants ont été blessés.

« Le fait que la police collabore, apparemment, pour la gestion des manifestations, avec des groupes d’hommes armés qui n’ont pas reçu de formation et qui n’ont pas à rendre des comptes, est extrêmement préoccupant. Cela représente une résurgence alarmante du recours à des agents non officiels du maintien de l’ordre en Côte d’Ivoire (…) Nous demandons aux autorités de libérer toutes les personnes qui ont été arrêtées alors qu’elles n’avaient fait qu’exprimer leurs opinions politiques ou alors qu’elles avaient simplement organisé des manifestations pacifiques ou participé à de tels rassemblements », a déclaré Samira Doud, directrice pour l’Afrique Centrale et l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International.

Les autorités appelées à respecter la liberté d’opinion !

Selon les témoins qui se sont confiés à cette organisation de défense des droits de l’Homme, sous l’autorisation de la police, ces hommes munis d’armes blanches ont barricadé la route de Yopougon, à Abidjan, avant de disperser et blesser certains manifestants. Pour Amnesty International, les autorités ivoiriennes doivent veiller à la liberté d’opinion pendant les rassemblements pacifiques. « La répression des manifestations viole de manière flagrante les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique. Les autorités de la Cote d’Ivoire doivent protéger, et non sanctionner, les dirigeants de l’opposition, les personnes dissidentes, les journalistes et les défenseurs des droits humains », a-t-elle ajouté.

Face aux dérapages commis par ces hommes munis d’armes blanches lors de ces rassemblements pacifiques, cette organisation plaide pour l’ouverture d’une enquête en vue d’établir les responsabilités. « Les responsables présumés doivent être déférés à la justice et jugés dans le cadre de procès équitables par des tribunaux civils de droit commun. Nous demandons aux autorités ivoiriennes d’empêcher immédiatement ces groupes armés de commettre d’autres forfaits. Les autorités doivent mener une enquête exhaustive, efficace et impartiale sur les allégations d’atteintes aux droits humains commises par ces hommes, et sur la complicité apparente de la police », renchérit-elle.