Côte d’Ivoire : la paix de nouveau sur les rails ?

Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié, Alassane Dramane Ouattara et Guillaume Soro se sont entretenus, pour la première fois en quatre ans, et durant quatre heures mardi dernier à Yamoussoukro. Une rencontre qui vient ranimer le processus de paix dans ce pays.

Les principaux leaders politiques ivoiriens se sont rencontrés mardi à Yamoussoukro, la capitale politique ivoirienne. Une première depuis septembre 2002 qui redonne de l’espoir quant à la relance d’un processus de paix au point mort en Côte d’Ivoire. L’actuel chef de l’Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), Alassane Dramane Ouattara, le leader du Rassemblement des républicains (RDR) et Guillaume Soro, ministre d’Etat et secrétaire général des Forces Nouvelles se sont retrouvés à la Fondation Félix Houphouët Boigny pour la recherche de la paix. Les principaux acteurs de la crise ivoirienne avaient répondu à l’invitation du Premier ministre Charles Konan Banny, 24 heures après la date prévue. Le clan présidentiel ayant émis des réserves quant aux dispositions sécuritaires qui entoureraient cette rencontre. Gbagbo, Bédié, Ouattara et Soro ont d’ailleurs annoncé qu’ils se retrouveraient plus « fréquemment ».

La paix des « braves » ?

Les entretiens entre les responsables politiques ivoiriens, qui ont duré entre quatre et cinq heures, se sont « déroulés dans une ambiance fraternelle », selon un communiqué de la primature ivoirienne. Ces derniers sont revenus sur l’Accord de Pretoria et leurs principaux points de désaccord. Ainsi un poste de quatrième vice-président devrait voir le jour au sein de la Commission électorale indépendante (CEI) en vue de « parvenir à une représentation équilibrée des forces politiques en présence », indique le même communiqué. La polémique autour de la validité de son bureau, contesté par le clan présidentiel, n’a pris fin que le 17 février dernier suite à l’intervention du Haut Représentant aux Elections, Antonio Monteiro, et du Groupe de travail international (GTI) en charge du suivi du processus de paix.

Les quatre ont également décidé de relancer le processus de démantèlement des milices et le processus de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR). En outre, le Chef de l’Etat et le Premier ministre ont été invités à « trouver les solutions idoines aux conflits éventuels » qui pourraient voir le jour dans « l’exécution de leurs tâches respectives ». La résolution 1633 des Nations Unies précise en effet que le Premier ministre « doit disposer de tous les pouvoirs nécessaires, […] ainsi que de toutes les ressources financières, matérielles et humaines voulues, en particulier dans les domaines de la sécurité, de la défense et des affaires électorales […]». Une disposition que n’apprécie pas Laurent Gbagbo et à laquelle il oppose constamment les prérogatives que lui confère la Constitution.