Côte d’Ivoire : l’ONU souhaite des élections d’ici juin

Le Conseil de sécurité des Nations unies espère que le scrutin présidentiel aura lieu au plus tard en juin, au lendemain de la fin du mandat de la mission de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci). Un souhait qui s’apparente à un ultimatum, le énième lancé aux autorités ivoiriennes depuis 2005.

La mission de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) a été prorogée de 4 mois ce jeudi par le Conseil de sécurité des Nations unies, « notamment pour aider à l’organisation d’élections libres, ouvertes, justes et transparentes » dans le pays. La résolution 1911, préparée par la France et adoptée à l’unanimité par le Conseil, fixe la fin de son mandat au 31 mai. La prorogation vaut également pour l’opération française « Licorne » qui appuie l’Onuci. Le Conseil pourrait également porter le nombre du personnel militaire de 7 450 à 7 950 dès publication de la liste électorale définitive en Côte d’Ivoire.

« Le Conseil a reconduit l’Onuci non pas pour six mois, ce qui aurait été une mesure technique, mais pour quatre mois car ce n’est pas « business as usual » (ce n’est pas une mesure purement formelle, ndlr), nous attendons depuis très longtemps des élections en Côte d’Ivoire, nous considérons qu’elles doivent avoir lieu dans les mois qui viennent », a indiqué, selon l’AFP, l’ambassadeur de France aux Nations unies, Gérard Araud. Son homologue américain, Susan Rice, espère et attend « que des élections libres et équitables se tiennent le plus tôt possible à l’intérieur de ce délai de quatre mois ».

Le dernier ultimatum ?

Le Conseil a également indiqué avoir « pris note » du report des présidentielles à fin février ou début mars. Un délai rendu néanmoins incertain par « l’affaire des 429 000 » qui a conduit le parti du président ivoirien, Laurent Gbagbo, à demander la démission du président de la Commission électorale indépendante, Robert Beugré Mambé, pour tentative de fraude. Les responsables de la CEI souhaitaient, semble-t-il ; faire figurer une liste de 429 000 noms, issue d’un croisement que la commission a effectué de sa propre initiative, à la liste définitive. En réponse aux accusations de Laurent Gbagbo, le Premier ministre Guillaume Soro avait tranché à la mi-janvier en indiquant que cette procédure illégale était nulle et non avenue. Mais l’incident a causé de nombreux remous dans la classe politique ivoirienne. Une enquête a été ainsi ouverte par le procureur de la République de Côte d’Ivoire, Raymond Féhou Tchimou, à la suite de la plainte pour fraude du ministère de l’Intérieur.

Depuis 2005, fin du mandat officiel de Laurent Gbagbo, la présidentielle ivoirienne a déjà subi plusieurs reports. Elle devrait pourtant mettre fin à la crise politique que traverse la Côte d’Ivoire depuis le coup d’Etat manqué de septembre 2002. Le récent ultimatum des Nations unies n’est pas le premier auquel est soumis Abidjan. Les précédents sont restés sans effet.