Côte d’Ivoire : l’heure de vérité approche pour l’opposition

A près de trois mois de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, l’opposition au président Alassane Ouattara va bientôt devoir faire des choix entre boycott, effacement au profit d’un candidat unique et mobilisation populaire.

La Côte d’Ivoire va bientôt entrer dans la dernière ligne droite. Les bureaux de campagne des différents partis commencent déjà à rassembler leur force en vue de l’élection présidentielle d’octobre prochain. La Commission électorale indépendante a annoncé mardi que les différents candidats avaient du 3 au 25 août pour déposer leur candidature. Alors que l’unité est déjà établi derrière le chef d’Etat sortant Alassane Ouattara en vue de sa réélection et sa machine électorale aguerrie par sa victoire en 2010, de nombreuses incertitudes demeurent au sein de l’opposition.

Charles Konan Banny soutenu par le FPI d’Abou Drahamane Sangaré

Charles Konan Banny tente de s’affirmer comme le candidat unique de l’opposition contre le Président ivoirien. Désigné à la tête de la coalition nationale pour le changement (CNC), il a reçu lundi dernier le soutien de la fraction dissidente du Front populaire ivoirien (FPI) d’Abou Drahamane Sangaré qu’il a rencontré à son cabinet en compagnie du vice-président du FPI, Laurent Akoun.

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« Nous sommes venus féliciter le président de la CNC, Charles Konan Banny et lui apporter tout le soutien du FPI dans cette tâche. Il a été désigné chef de file de cette coalition pour les Ivoiriens. C’est le signal de l’espoir pour les Ivoiriens désemparés, désespérés », a indiqué le vice-président du parti créé par l’ex-président Laurent Gbagbo. Cette fraction du FPI, membre du CNC, qui avait appelé au boycott de toutes les activités de la Commission électorale indépendante (CEI), notamment du dernier recensement électoral et de la Présidentielle à venir, semble se diriger vers un soutien à la candidature de Charles Konan Banny. « Il y a eu une convergence de vue sur la nécessité de nous battre pour réunir les conditions d’élections justes et transparentes et sur la question de la Commission électorale indépendante (CEI), de la liste électorale », a conclu Laurent Akoun.

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Un report de l’élection réclamé

La candidature à la prochaine élection du président officiel et légal du FPI, Pascal Affi N’Guessan, ne devrait pas faire de l’ombre à l’ancien premier ministre, tant ses soutiens à l’intérieur de son propre parti se sont érodés au profit du camp « Gbagbo ou rien », rangé derrière Abou Drahamane Sangaré.

Néanmoins, la bataille n’est pas encore gagné au sein de sa propre formation politique. Un des quatre « frondeurs » du PDCI qui a déclaré sa candidature à l’élection présidentielle, Kouassi Konan Bertin, n’a pas dit son dernier mot. Il n’est pas encore près à s’effacer au profit de son aîné tandis qu’Essy Amara, l’ancien secrétaire général de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), semble avoir décidé de faire cavalier seul contre Alassane Ouattara.

Pendant ce temps, près de quatre autres partis politiques d’opposition dissidents ont appelé à un report de la prochaine élection et à la mise en place d’un gouvernement de transition. Il s’agit de l’Union Républicaine pour la Démocratie (Urd), dirigée par Danielle Boni Claverie; le Parti Ivoirien des Travailleurs (PIT), conduit par son président Daniel Aka Ahizi ; le Rassemblement pour la paix, le progrès et la partage (RPP) de Ouattara Gnonzie, et l’Union des Sociaux-Démocrates (USD). « Je vais mettre en garde les uns et les autres, il n’y aura pas de transition en Côte d’Ivoire, c’est terminé. Donc arrêtez de bavarder de transition », a répondu Alassane Ouattara à ses détracteurs, menaçant de les accuser d’atteinte à la sûreté de l’Etat. Le président ivoirien espère profiter de cette dispersion annoncées des voix de l’opposition pour être élu dès le premier tour.