Côte d’Ivoire : Guillaume Soro en route vers la Primature ?

Le secrétaire général des Forces Nouvelles, Guillaume Soro, est bien parti pour devenir le prochain Premier ministre ivoirien dans le cadre de l’accord de paix signé le 4 mars dernier, à Ouagadougou, au Burkina Faso entre le mouvement rebelle et le pouvoir ivoirien.

Guillaume Soro, le secrétaire général des Forces Nouvelles, la rébellion à qui l’on doit la partition de la Côte d’Ivoire depuis septembre 2002, devrait être le prochain Premier ministre ivoirien, selon le quotidien ivoirien Fraternité Matin. Le nouveau gouvernement qu’il dirigera sera composé de 34 membres dont 19 seront issus de l’opposition ivoirienne. Selon les sources du journal, c’est le résultat auquel ont abouti les représentants du camp présidentiel ivoirien et des Forces Nouvelles réunis à Ouagadougou, la capitale burkinabé, ce samedi, dans le cadre du deuxième tour des négociations directes prévues entre les deux parties dans le cadre de l’accord de paix qui a été signé le 4 mars dernier.

Etre ou ne pas être Premier ministre

Réagissant à la nouvelle, ce même samedi, à son arrivée à Ouagadougou, Guillaume Soro s’est dit « pas très bien informé », le sourire aux lèvres, en affirmant qu’il était venu s’enquérir des conclusions des négociations qui avaient cours dans la capitale. Dans un entretien qu’il accordait au Monde, publié le 12 mars dernier, le secrétaire général des Forces Nouvelles estimait que devenir Premier ministre était « une possibilité parmi d’autres ». « En tout état de cause, je serai un Premier ministre plus difficile à manœuvrer que Charles Konan Banny (l’actuel, ndlr). Est-ce que Gbagbo est prêt à me supporter ? ». M. Soro disait alors privilégier la solution d’un « troisième homme acceptable par tous ». Il indiquait, dans ce même entretien, que le président ivoirien Laurent Gbagbo lui avait « proposé le poste ». « J’ai émis beaucoup de réserves. […] Mais je n’ai pas encore suffisamment testé la sincérité du chef de l’Etat depuis la signature de l’accord. Sa conversion soudaine est difficile à digérer. Si j’accepte, c’est avec l’assurance que nous allons à des élections. »

Les chefs traditionnels baoulé, ethnie à laquelle appartient l’actuel Premier ministre ivoirien, Charles Konan Banny ont pour leur part estimé, samedi, que son départ serait considéré « comme une humiliation », dixit M. Kouamé Diby Robespierre, porte-parole du roi des Baoulé, Nana Anoublé. C’était à Yamoussokro, la capitale politique ivoirienne, dans le cadre d’une manifestation de « soutien au chef du gouvernement de transition, Charles Konan Banny, et au Chef de l’Etat dans le cadre du processus de sortie de crise ». En attendant le communiqué officiel qui annoncera la confirmation de cette nomination et le consentement de M. Soro, les spéculations vont bon train.