Côte d’Ivoire : Gbagbo donnera les pouvoirs nécessaires au futur Premier ministre

Le Président ivoirien a déclaré, samedi, qu’il laisserait tous les pouvoirs nécessaires au futur Premier ministre. Laurent Gbagbo a également profité de son allocution pour préciser que ce qui pose problème dans la nomination du chef de gouvernement, c’est de trouver quelqu’un qui puisse rétablir le calme rapidement dans le pays.

Le futur Premier ministre ivoirien aura tous les pouvoirs nécessaires pour accomplir sa tâche, « lorsque j’aurais la certitude qu’il fera le travail pour lequel il sera nommé », a assuré, ce week-end, le Président Laurent Gbagbo, lors d’une rencontre avec des représentants de la
population d’Odienné (716 km au Nord-Ouest d’Abidjan).

« Celui qui n’est pas capable d’accomplir ces tâches dans un temps court, je ne le nommerai pas Premier ministre », a martelé le président ivoirien, rappelant que la mission du futur chef du gouvernement sera d’abord de faire le désarmement, aussi bien des rebelles que des groupes d’autodéfense, la réunification du pays, la confection des listes électorales et l’organisation d’élections équitables et ouvertes à tous.

Revenant sur les tergiversations dans le processus de nomination du prochain chef du gouvernement de transition, M. Gbagbo a expliqué que ce blocage n’est pas un problème de compétence des candidats à la Primature.

« Le problème n’est pas celui de la compétence des Ivoiriens, mais il y a des personnes qui veulent accaparer tout cela pour avoir le pouvoir d’Etat sans passer par les élections », a-t-il dit, expliquant que, dans son entendement, un Premier ministre « acceptable pour tous est celui dont la nomination n’appelle pas de discussions, et encore moins un partisan ».

Dans une résolution adoptée le 21 octobre dernier, le Conseil de sécurité des Nations unies avait prolongé d’une durée de 12 mois maximum le mandat du Président Gbagbo qui arrivait alors à expiration le 30 du même mois.

Le Conseil avait, dans le même temps, invité les médiateurs
africains dans la crise ivoirienne, à savoir les chefs d’Etat nigérian Olusegun Obasanjo (président de l’Union africaine), sud-africain Thabo Mbeki (médiateur), et nigérien Mamadou Tandja (président de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, CEDEAO), à procéder à des consultations avec les parties ivoiriennes en vue de la désignation d’un Premier ministre de consensus.

Engagées depuis le 4 novembre sous les auspices du Président Obasanjo, ces consultations avaient conduit à l’établissement d’une première liste de 16 candidats potentiels au poste, qui a été successivement réduite à quatre, puis à deux noms, sans que les parties s’accordent sur une personnalité, à ce jour.