Côte d’Ivoire : Charles Konan Banny se retire de la Présidentielle

Le candidat indépendant Charles Konan Banny a annoncé, ce vendredi après midi, son retrait de l’élection présidentielle de dimanche prochain.

De notre envoyé spécial à Abidjan,

L’ancien président de la Commission dialogue vérité et réconciliation Charles Konan Banny a décidé de se retirer de l’élection présidentielle qui doit se tenir dimanche. Après Mamadou Kouliblay, chef du LIDER, et Essy Amara, il a justifié sa décision au cours d’une conférence de presse, ce vendredi après-midi, en dénonçant les risques qu’un tel scrutin puisse déclencher une nouvelle crise post-électorale.

« Cela ne va pas affecter la campagne »

« Ce scrutin ne sera pas sincère, transparent et inclusif. La preuve (…) face à ce risque, tous les Ivoiriens épris de paix, de démocratie ont, dans un même élan, appelé le chef de l’Etat au dialogue, à un consensus et éviter les crises qui résultent des élections mal organisées », a-t-il déclaré.

« Cela ne va pas affecter la campagne », a déclaré le Front populaire ivoirien (FPI), par la voix de son chef de la jeunesse du FPI, Konaté Navigué, dont le candidat Pascal Affi N’Guessan reste en course. Selon lui, le candidat n’a pas fait campagne pour cette élection en dehors de la ville d’Abidjan.

Depuis le départ, les observateurs ont souligné son peu de présence aussi bien dans les médias que dans la rue ivoirienne, à tel point que certains opposants lui ont reproché d’avoir conclu un accord avec le Président Alassane Ouattara dont il légitimait la candidature par sa présence dans le processus électoral.

Banny critique un refus du dialogue

Alors que Charles Konan Banny n’a pas encore donné de consigne de vote, Konaté Navigué estime que ce retrait ne pourra pas influer réellement sur le taux de participation à l’élection de dimanche qui s’annonce faible. L’ancien Premier ministre s’est toutefois excusé auprès de ses militants.

Depuis plusieurs semaines, il avait appelé le Président Alassane Ouattara à engager un dialogue avec l’opposition au sujet du processus électoral qu’il estime inéquitable, notamment au niveau de la composition de la Commission électorale indépendante mais « aucune rencontre avec le chef de l’Etat n’a été acceptée, sauf l’approche choisie par lui », a-t-il indiqué. Ce mardi, il a présenté à la presse, ce qu’il a appelé les « preuves » que des centaines de personnes sont inscrites deux fois sur la liste électorale en vue de frauder le scrutin en faveur du Président candidat.