Côte d’Ivoire : appel de pied de l’opposition pour un dialogue politique

L’opposition ivoirienne s’est déclarée ouverte pour « reprendre » le dialogue avec le gouvernement, au terme d’une rencontre avec un représentant de l’ONU, ce mardi. Les discussions ont été interrompues ces dernières semaines, au moment du transfert de Charles Blé Goudé, membre de l’opposition, à la CPI, par le pouvoir.

Cela avait été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase pour le Front populaire ivoirien (FPI). Au moment du transfert de Charles Blé Goudé, l’ancien chef des Jeunes Patriotes proche de l’ex-Président Gbagbo, à la Cour pénale internationale (CPI), le dialogue politique avait été rompu avec le pouvoir. Ce principal parti d’opposition a indiqué vouloir réengager les discussions, ce mardi.

« Nous sommes ouverts, prêts à reprendre le dialogue », a affirmé le président du FPI, Pascal Affi Nguessan, rapporte l’APA. Il est intervenu après une rencontre avec la représentante spéciale du Secrétaire général des Nations-Unies et chef de l’Opération des Nations-Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), Aïchatou Mindaoudou. La condition préalable est que « le pouvoir pose des actes qui montrent qu’il a envie de discuter (…). « Il faut que nous ayons l’assurance que ce sera un dialogue franc », a déclaré néanmoins le chef du FPI.

La réforme de la CEI est refusée par l’opposition

Ce parti créé par l’ex-Président Laurent Gbagbo avait reproché au gouvernement d’avoir rompu le dialogue politique de façon unilatérale après le transfert de Charles Blé Goudé à la CPI. L’opposition reproche aussi au pouvoir en place sa campagne de recensement général de la population lancée le 17 mars dernier qu’elle a décidé de boycotter. Elle vise à constituer du « bétail électoral » en vue de la prochaine réélection du président de la République, Alassane Ouattara, selon le FPI.

La réforme de la Commission électorale indépendante (CEI) constitue le deuxième grand grief que reproche l’opposition au gouvernement. La réforme de cette institution par le gouvernement, qui a voté la semaine dernière un projet de loi à ce sujet, vise à réduire à 13 le nombre de membres qui y siège. Selon le texte, le pouvoir se réserverait sept sièges contre trois pour l’opposition et le même nombre pour la société civile.

L’Alliance des forces démocratiques, coalition d’opposition qui compte le FPI dans ses rangs et dont Pascal Affi Nguessan en est le président devait se retrouver, ce mercredi, pour adopter une proposition commune à soumettre au gouvernement.