Côte d’Ivoire : « Alassane Ouattara aurait mieux fait de demander l’annulation des élections locales»

La Côte d’Ivoire a tenu dimanche 21 avril 2013 des élections locales sur l’ensemble du territoire national. Un scrutin marqué par le boycott du Front Populaire Ivoirien (FPI), parti de Laurent Gbagbo. Joint par Afrik.com, Toussaint Alain, ancien porte-parole de l’ex-président de la Côte d’Ivoire, s’explique.

Les élections municipales et régionales en Côte d’Ivoire tenues dimanche ont été marquées par une faible participation. La Commission électorale indépendante (CEI) a indiqué qu’il n’y a pas eu une « grande affluence » et estime à 30% le niveau de participation.

« Il faut observer qu’il n’y a pas autant d’engouement pour les élections locales que pour l’élection présidentielle », déclare Youssouf Bakayoko, président de la CEI, avant d’ajouter : « Nous savons sur la base des statistiques, qu’en 2000, en 2001, nous n’avons pas eu les mêmes taux de participation. Donc, ce n’est pas nouveau en réalité ».

Fait majeur lors les élections de cette année, le boycott du Front Populaire Ivoirien (FPI), parti de Laurent Gbagbo. Ce boycott a-t-il favorisé la chute du taux de participation aux élections locales de dimanche ? Alain Toussaint, ancien porte-parole de l’ex-président ivoirien et membre de l’opposition, pointe du doigt les nombreux dysfonctionnements de ce scrutin.

« Une parodie d’élections »

Interrogé par Afrik.com sur les raisons de ce boycott, Toussaint Alain rétorque : « Les Ivoiriens dans leur ensemble ont manifesté leur désintérêt aux élections locales. Alassane Ouattara a été incapable de rassembler les Ivoiriens. L’opposition ivoirienne a décidé de boycotter ces élections parce que ses revendications n’ont pas été satisfaites. Elle revendiquait la révision de la liste électorale, la recomposition de la CEI, la libération des prisonniers politiques, le dégel des comptes et la mise en place de conditions de transparence. Les conditions politiques et sociales n’étaient pas réunies. C’est une parodie d’élections ».

Sur les risques qu’encoure le FPI en boycottant les élections, il déclare : « Il n’y a aucun risque. Les Ivoiriens ont tout simplement montré qu’ils n’adhèrent pas à la politique d’Alassane Ouattara. On assiste à une traversée du désert électoral. C’est un désaveu. Alassane Ouattara aurait mieux fait de demander l’annulation des élections et d’entamer un dialogue avec l’opposition ».

Toussaint Alain déplore les nombreux dysfonctionnements notés dans certaines localités du pays et considère que ce boycott constitue une victoire pour les Ivoiriens. Des Ivoiriens qui, selon lui, restent « dignes et animés par l’esprit démocratique ».