Côte d’Ivoire-Affaire Kieffer : dix ans après, l’enquête au point mort

Dix ans après, l’enquête sur la disparition du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer piétine.

Mais où est passé le journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer ? Dix ans après sa disparition en Côte d’Ivoire, l’énigme n’est toujours pas résolue. Le reporter indépendant enquêtait sur des malversations, notamment dans la filière cacao.

Reporters sans Frontières (RSF) a déploré mardi le manque d’avancées dans l’enquête et appelle à poursuivre la mobilisation jusqu’à ce que justice soit faite. L’ONG organise, dès aujourd’hui, une campagne d’affichage à Abidjan, et ce, jusqu’au 1er mai, pour rappeler notamment à Alassane Ouattara la promesse qu’il a faite en avril 2012 de « ne protéger personne ».

Le 16 avril 2004, quelques instants avant sa mystérieuse disparition, Guy-André Kieffer avait rendez-vous sur un parking de la capitale économique, Abidjan, avec Michel Legré, beau-frère de Simone Gbagbo, l’épouse de l’ex-Président Laurent Gbagbo. L’enquête menée en France a conduit à des proches de l’ancien Président Laurent Gbagbo.

De l’espoir à la désillusion

« La plupart des personnes appelées à témoigner n’ont pu être auditionnées, soit parce qu’elles n’ont pu être localisées, ou n’ont pu quitter le territoire de la Côte d’Ivoire, ou encore parce qu’elles ont été empêchées », confie à RFI Cléa Kahn-Sriber, responsable du Bureau Afrique de Reporters sans Frontières. « Il y a donc beaucoup de questions qui restent ouvertes sur la bonne volonté des autorités des différents pays de faire en sorte que cette enquête trouve une résolution et que la justice puisse être rendue à la famille de Guy-André Kieffer. Dans les faits, on ne voit pas vraiment d’évolution positive », a-t-elle ajouté.

Le juge d’instruction français Patrick Ramaël, qui a effectué plusieurs déplacements en Côte d’Ivoire avant qu’il ne soit déchargé de ses fonctions en septembre dernier, avait convoqué Simone Gbagbo, sans succès. Quant aux auditions de l’ex-chef de la garde rapprochée de l’ancienne Première dame, le commandant Anselme Séka Yapo dit « Séka Séka », après son arrestation fin 2011, elles n’avaient rien donné de concluant.

Une cérémonie en l’honneur du journaliste est organisée ce mercredi par ses proches, place Gambetta, devant la mairie du XXe arrondissement de Paris.