Corsicaboverde : la rencontre musicale de deux îles

Exilé au Cap-vert, le guitariste et chanteur corse, Charles Marcellesi, joue l’équilibriste entre deux mondes. Deux âmes en quête de fusion et d’harmonie pour un album qui a toutefois du mal à convaincre.

Corsicaboverde. Un mot, deux îles. Le titre du premier album de Charles Marcellesi est évocateur et la démarche artistique est évidente : mélanger la chaleur de la musique cap-verdienne et la force de caractère de la musique corse. Le coeur de l’artiste balance entre les deux mondes. Tant et si bien que le décloisonnement des genres peine à s’opérer. L’alchimie recherchée pêche par sa timidité.

L’artiste auteur-compositeur-interprète est un globe trotter. De sa Tunisie natale à l’Auvergne (France) pour retrouver ses racines corses, Marcellesi découvre Le Cap-Vert à la faveur d’une rencontre. Celle de la femme qu’il aime et qu’il suivra sur les rivages africains de son île lusophone. Charles est subjugué par la simplicité et la chaleur des autochtones. De la culture cap-verdienne, il adopte la langue : le créole, dont il se sert avec facilité dans  » Corsicaboverde « .

En corse et en portugais

S’il est tombé amoureux du Cap-Vert, Marcellesi reste véritablement corse dans l’âme. Trop peut-être. Car même s’il chante dans un créole portugais qu’il maîtrise à la perfection, les harmonies corses submergent la fusion désirée des deux sensibilités insulaires.

L’album, qui se voulait audacieux, ne l’est justement pas assez. On aurait imaginé plus d’emprunts aux riches rythmiques cap-verdiennes, on aurait imaginé une imbrication plus forte entre les deux univers musicaux. Bien plus corse qu’africain,  » Corsicaboverde « , n’est malheureusement pas aussi épicé qu’on l’attendait. Dommage.

Commander le disque : Charles Marcellesi  » Corsicaboverde  » Lusafrica 2000.