Corruption en Algérie : la société Sonelgaz éclaboussée

Après la société nationale des hydrocarbures Sonatrach, c’est au tour de l’entreprise nationale d’électricité Sonelgaz d’être éclaboussée par un scandale de corruption.

(De notre correspondant à Alger)

L’entreprise nationale d’électricité en Algérie, Sonelgaz, est rattrapée à son tour par une affaire de corruption. Certains de ses dirigeants sont mis sous contrôle judiciaire. La société en question est déjà décriée pour des préjudices causés aux consommateurs. Elle n’a jamais été en mesure de tenir ses promesses et leur éviter des pannes et délestage.

Pourtant, l’Algérie est l’un des pays au monde où le pic de consommation en matière d’électricité évolue à une vitesse vertigineuse. On l’évalue à une croissance de 14%, ce qui est énorme et requiert donc une meilleure gestion, Ce qui n’est pas le cas. La presse locale parle d’un déficit de près de 79 milliards de dinars causé par le groupe Sonelgaz à la trésorerie. Des contraintes financières se sont toujours érigées en obstacles, empêchant le groupe d’être au diapason des autres grosses cylindrés dans le monde énergétique. À quelques encablures seulement du début officiel de l’été, soit techniquement le 21 juin, un scandale de corruption accable le géant électrique algérien. La presse locale parle de présumée « violation » du code des marchés publics. Cela se rapporte à la réalisation des deux centrales électriques de Terga (Aïn Témouchent) et Koudiat Edraouech (El Tarf) pour un montant de 5 milliards de dollars. Ces installations auraient coûté le triple de leurs prix réel. Un tapage qui laisse les consommateurs sans espoir quant à un été tranquille et paisible.

Les conditions dans lesquelles les deux marchés ont été octroyés aux entreprises Alsthom et Général Electric continuent de susciter des interrogations aussi bien parmi la famille médiatique que la société civile. Les médias nationaux considèrent les offres de ces deux entreprises « excessives par rapport au plafond fixé par Sonelgaz qui était de 3,4 milliards de dollars ».

Les deux entreprises n’assument, selon des sources proches du dossier, que le volet engineering – équipement. Ce qui explique leur recours au service des sous-traitants pour leur confier la construction des deux centrales. Les propos du ministre de l’énergie ne souffrent d’aucune équivoque. Le ministère, ainsi que tous ses cadres, « se tiendront au service de la justice ».

Reste maintenant à savoir si les cadres impliqués dans ces affaires de corruptions, aussi bien à Sonatrach qu’à Sonelgaz, seront sanctionnés dans le strict respect des lois de la République.