Coronavirus : le Sénégal franchit la barre des 500 cas, un septième décès enregistré

Le Coronavirus poursuit sa progression exponentielle au Sénégal avec 66 cas positifs enregistrés en un seul jour, selon la situation faite ce 24 avril 2020. Ainsi le Sénégal a largement franchi la barre des 500 malades et se pose avec acuité la problématique des enfants de la rue, pendant que le pays a enregistré ce jour son septième décès.

La courbe de la maladie du Coronavirus est de plus inquiétante, avec une flambée des cas positifs. En effet, la situation dressée ce 24 avril 2020 par le ministère de la Santé et de l’Action sociale fait état de 66 cas positifs en 24 heures et le Sénégal a ainsi franchi la barre des 500 cas positifs. Il s’y ajoute l’enregistrement, ce jour, d’un septième décès survenu au centre de traitement de l’hôpital de Fann. Parmi les 66 cas positifs émanant des 528 tests réalisés, 61 sont des cas contacts suivis et 5 cas issus de la transmission communautaire venus Touba (2 cas), Pout (1 cas), Médina (1 cas) et Mbacké (1 cas).

A ce jour, le Sénégal compte 540 cas positifs dont 262 guéris, 7 décès, 1 évacué et 276 encore sous traitement. La maladie a fait une seconde apparition à Thiès par voie communautaire et cette fois-ci, elle a frappé dans un milieu vulnérable, en l’occurrence les daaras (écoles coranique). C’est un daara du quartier populaire de Gouye Sombel, qui a enregistré un cas. Et à ce jour, 60 talibés (enfants de la rue), maîtres coraniques et voisins ont été mis en quarantaine dans un hôtel de la place. C’est dire que les talibés constituent une bombe à retardement d’autant plus qu’ils continuent d’errer dans les rues de Thiès, malgré les repas distribués quotidiennement par la ville de Thiès, pour éviter un tel scénario.

En tout état de cause, le mal se trouve dans les daaras et la responsabilité des maîtres coraniques est fortement engagée d’où la nécessité pour les pouvoirs publics de prendre leurs responsabilités, au risque de mettre en péril toute une communauté. En tout cas, le comité départemental de gestion des épidémies de Thiès, en rapport avec le Comité Départemental de Protection de l’Enfant (CDPE) a pris des initiatives en entreprenant à partir de ce 24 avril, une opération visant à renvoyer les talibés à leurs parents d’origine.

Au-delà de Thiès, Tivaouane a également enregistré son premier cas, depuis l’apparition de la maladie au Sénégal, le 2 mars 2020. Ce sont trois marchands ambulants revenus de Touba, qui sont les vecteurs de cette transmission communautaire, qui place la cité religieuse dans la zone rouge, vu les risques de contamination à grande échelle. Les trois marchands sont revenus de Touba, le dimanche, après avoir réussi à échapper aux contrôles des forces de sécurité, par des voies détournées.

Ainsi, avec cette multiplication des cas communautaires et la flambée des cas tout court, ce qui peut mener le pays vers une bombe sanitaire, le président de la République Macky Sall a annoncé, au terme du Conseil des ministres, le maintien du couvre-feu de 20 heures à 6 heures du matin. Il s’y ajoute que les contrôles ont été renforcés à tous les niveaux, avec aussi l’organisation de désinfection de marchés, notamment à Tivaouane.

La tendance du jour confirme par ailleurs que le grand danger reste toujours dans la région de Dakar, d’où la nécessité d’aller vers des mesures de prévention beaucoup plus corsées car, malgré la gravité de l’heure, force est de constater que certains Sénégalais éprouvent toujours des difficultés à adopter les gestes barrières.