COP21 : le Congo, voix de l’Afrique

La COP 21 s’est ouverte hier avec une série de discours de chefs d’État. L’occasion pour les dirigeants africains de défendre le point de vue et les intérêts de leur continent. Parmi les différentes voix à s’être exprimées, celle du Président congolais Denis Sassou N’Guesso, figurait parmi les plus attendues. Les forêts du Bassin du Congo constituent en effet le deuxième poumon vert de la planète.

Le coup d’envoi de la COP21 a été officiellement donné hier lundi à 11h00. Dès l’ouverture des travaux, les quelque 150 chefs d’Etat et de gouvernement présents ont écouté les interventions du Président français François Hollande et celle du Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon.

Prenant la parole à son tour, le chef de l’Etat congolais, Denis Sassou N’Guesso, a prononcé un discours très attendu. Le Congo Brazzaville, avec une couverture forestière représentant 65% de son territoire national, soit 23 millions d’hectares de forêts naturelles, contribue en effet largement à la préservation de l’environnement à l’échelle planétaire.

« Face à l’urgence climatique qui ne faiblit pas, la République du Congo considère le Sommet-climat de Paris comme celui de la dernière chance »

Se voulant résolument pédagogique, le chef de l’État congolais a d’emblée, dans son intervention, mis les dirigeants de la planète devant leur responsabilité : « La terre, notre merveilleuse demeure, est en péril croissant. Les activités humaines, l’emprise outrancière de l’homme sur la nature ont engendré de profondes transformations de l’environnement, intensifiant, chaque jour, les changements climatiques », a-t-il déclaré avant d’ajouter avec gravité : « face à l’urgence climatique qui ne faiblit pas, la République du Congo considère le Sommet-climat de Paris comme celui de la dernière chance ».

Le chef de l’État congolais a également rappelé l’objectif de son pays à l’occasion de cette COP21 : « Le Congo souhaite vivement que les négociations aboutissent à un accord universel ambitieux, équilibré, équitable, juridiquement contraignant, applicable à toutes les parties. Un accord visant à limiter le réchauffement climatique en dessous de 2 degrés Celsius ».

Denis Sassou N’Guesso a par ailleurs souligné les efforts accomplis par son pays en faveur de la préservation de l’environnement. « Dans la mise en œuvre des programmes d’aménagement et de conservation des forêts, le Congo détient l’un des taux de déforestation les plus faibles au monde, soit 0,08%. Ce qui correspond à 17 000 hectares par an ». Le Congo possède 2,5 millions d’hectares de forêts certifiées, selon les standards internationaux, représentant 32,5% des forêts mondiales certifiées.

« Les intérêts en jeu sont des plus divergents. Mais aucune difficulté ne pourra vaincre notre volonté commune, si tant est que nous décidons, unanimement, de l’élever au niveau de l’enjeu… qu’est le risque de voir l’homme et son environnement disparaître de la Terre si nous n’agissons pas rapidement »

Loin de plaider la seule cause du Congo, Denis Sassou N’Guesso s’est également fait le porte-voix des préoccupations du continent africain dans son ensemble et, plus largement, des pays en développement. Le Président congolais a ainsi demandé aux pays riches, très pollueurs, de « tenir leurs engagements ». Pour ce faire, le fonds d’adaptation aux changements climatiques doit, selon lui « être renforcé pour prendre en charge les pertes et dommages subis par les pays en développement ».

Conscient de la difficulté à parvenir à un accord contraignant à l’occasion de cette COP21, Denis Sassou N’Guesso a exhorté ses homologues à passer outre leurs égoïsmes particuliers : « les intérêts en jeu sont des plus divergents. Mais aucune difficulté ne pourra vaincre notre volonté commune, si tant est que nous décidons, unanimement, de l’élever au niveau de l’enjeu… qu’est le risque de voir l’homme et son environnement disparaître de la Terre si nous n’agissons pas rapidement ».

Confidence d’un chef d’Etat africain présent dans la salle : « Denis Sassou N’Guesso a parlé avec justesse au nom, non pas du seul Congo, mais de celui de l’Afrique. Espérons qu’il soit entendu ». Un souhait visiblement partagé par la grande majorité des dirigeants présents à cette occasion.