
Le Tchad s’apprête à déployer 800 casques bleus en Haïti pour renforcer une mission internationale en difficulté face à l’emprise des gangs. Cette contribution majeure illustre la montée en puissance de la coopération Sud-Sud dans la gestion des crises sécuritaires. Attendu d’ici juin 2026, ce contingent pourrait redonner un souffle à une force encore sous-dimensionnée.
Le Tchad s’apprête à jouer un rôle de premier plan sur la scène sécuritaire internationale. D’ici juin 2026, N’Djamena prévoit de déployer un contingent massif de 800 policiers et gendarmes en Haïti. Cette annonce, confirmée ce samedi 21 mars, s’inscrit dans le cadre de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMS). Lancée en 2024 sous l’égide des Nations unies, cette force internationale tente désespérément de stabiliser un pays où les gangs armés font la loi, contrôlant désormais la quasi-totalité de la capitale, Port-au-Prince.
Un renfort vital pour une mission en quête de souffle
Le déploiement tchadien intervient à un moment critique pour la force multinationale. Alors que les promesses initiales tablaient sur un effectif de 2 500 hommes, la réalité sur le terrain est bien plus modeste : seuls 1 000 policiers kényans et quelques soldats jamaïcains sont actuellement opérationnels.
Face à l’immensité du défi sécuritaire et humanitaire, ce sous-effectif paralyse l’efficacité des interventions. L’arrivée des forces tchadiennes, aguerries aux contextes difficiles, est donc perçue comme une bouffée d’oxygène, même si elle ne comblera qu’en partie les besoins criants d’une mission qui vise désormais un objectif global de 5 500 hommes d’ici octobre.
Préparation intense et flou diplomatique sur l’entraînement
Avant de fouler le sol haïtien, les gendarmes et policiers tchadiens devront suivre une formation rigoureuse dispensée par des partenaires internationaux, notamment européens et américains. L’objectif est d’adapter leurs méthodes d’intervention à la guérilla urbaine spécifique aux quartiers de Port-au-Prince. Toutefois, des zones d’ombre subsistent quant au lieu de cet entraînement.
Si certaines sources sécuritaires évoquaient une préparation sur le sol des États-Unis, les autorités américaines ont apporté un démenti à cette information, laissant planer une incertitude sur les modalités logistiques finales de cette mise à niveau technique.
Le Tchad prend le relais d’un Kenya sur le départ
L’engagement du Tchad est d’autant plus significatif que le Kenya, qui assure actuellement le commandement de la MMS, a annoncé son intention de se retirer progressivement. Ce passage de témoin entre nations africaines souligne une solidarité transatlantique croissante, mais pose aussi la question de la pérennité du financement et de la cohésion de la force.
Outre le Tchad, d’autres pays comme le Bénin et le Bangladesh avaient promis leur soutien dès 2023 sans pour autant concrétiser leur envoi de troupes. En fixant l’échéance à juin prochain, N’Djamena franchit une étape décisive pour tenter d’extraire Haïti d’une crise sécuritaire qui semble, pour l’heure, sans issue.




