Contrat minier en RDC : quand des diplomates chinois et américain se clashent sur Twitter


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Pheter Pham et Zhu Jing
Pheter Pham et Zhu Jing

La twittosphère congolaise a assisté, ce dimanche 28 novembre, à un échange aux allures d’un match de ping-pong entre l’ancien Envoyé spécial des États-Unis dans la région des Grands Lacs, Pheter Pham, et l’Ambassadeur de Chine en République Démocratique du Congo, Zhu Jing. Au centre de leur dispute sur fond de positionnement, « un contrat minier signé entre la RDC et la Chine ».

Tout est parti d’un article du journal Le Monde titré « La République Démocratique du Congo, vitrine fissurée de la Chinafrique ». Dans cet article, nos confrères reviennent sur le contrat signé en 2008 entre Kinshasa et Pékin, indiquant que ce méga-contrat « minerais contre infrastructures » demeure un mirage : aucun des 31 hôpitaux prévus par Pékin n’a été construit, pas plus que les deux universités annoncées.

« Il est temps de faire un audit… »

En réaction, Pheter Pham, ancien Envoyé spécial des États-Unis dans la région des Grands Lacs a publié : « Maintenant que nous savons ce que le peuple de la RDC n’a pas obtenu de l’accord « minéraux pour les infrastructures » de Kabila avec la Chine, il est temps de faire un audit de ce que les Chinois ont réussi à prendre au Congo -essentiellement sans payer », a-t-il écrit sur sa page.

La réponse du berger à la bergère

Cette publication n’a pas été du goût de l’Ambassadeur de la Chine en RDC, qui n’a pas tardé à riposter, laissant entendre que « les vrais partenaires de la RDC sont ceux qui contribuent concrètement pour ce pays, pas ceux qui dictent leur loi et sèment la discorde », a réagi Zhu Jing. « Le problème est que vos compatriotes n’ont pas livré l’infrastructure « concrète ». Ce que le gouvernement de la RDC et le reste du monde veulent savoir, c’est ce qui a été volé au peuple congolais qui n’a pas obtenu ce qui lui était dû pour les minerais envoyés en Chine », a rebondi à son tour Pheter Pham.

Leur dispute n’a pas laissé la twittosphère congolaise indifférente. Et même la classe politique congolaise s’est dite outrée.« En 2021, il est inacceptable que la Chine et les USA, deux puissances alliées / ennemies, par diplomates interposés, puissent sans gêne contrôler des richesses du Congo, sur fond de calculs de positionnement stratégique », a déploré le député Claudel Lubaya.

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