Construire le premier centre médical d’urgence des Comores : le défi de l’UMECOM

Construire le premier centre médical d’urgence aux Comores, telle est l’ambition de l’association Urgence médicale des Comores (UMECOM), dirigée par Mohamed Abdillah. Le projet sera présenté vendredi lors d’un gala à Paris.

Le défi est de taille. Et Mohamed Abdillah aime à répéter qu’il n’est pas un « plaisantin ». L’idée de construire le premier centre d’aide médical d’urgence aux Comores trottait dans son esprit depuis le 19 janvier 1998, date à laquelle il a créé l’association d’aides aux ressortissants comoriens en France (AADRF). Pour concrétiser son ambition, il a mis sur pied le 20 février dernier une autre association, Urgences médicales des Comores (UMECOM).

« Ce n’est pas pour m’amuser que j’ai quitté les Comores en 1987 où j’enseignais l’arabe dans les collèges et lycée. Je suis venu en France pour chercher les moyens de développer mon pays », affirme Mohamed Abdillah, qui estime « très grave qu’il n’y ait jusqu’à aujourd’hui aucun centre médical d’urgence aux Comores ». L’idée d’en construire un a surgi dans son esprit lorsque l’un de ses collègue a fait un malaise. « Il a pu être secouru immédiatement par le SAMU. Mais si un tel incident m’était arrivé aux Comores, on n’aurait pas pu me prodiguer les premiers soins puisque le système médical d’urgence n’existe pas », déplore-t-il.

« Le crash de l’avion en 2009, où des centaines de Comoriens ont péri, prouve qu’il y a urgence », selon lui. C’est pour cette raison que le centre sera construit dans la commune de Hahaya, où est implanté l’aéroport international. « L’aéroport est un endroit où tout le monde passe. Donc le centre sera bénéfique pour tous », estime M. Abdillah.

Un terrain d’une valeur de 240 000 euros

Les dirigeants de la localité de Hahaya, convaincus de la nécessité d’une telle infrastructure, ont fourni un terrain de quatre hectares, d’une valeur de 240 000 euros, pour mettre en marche le chantier. « Nous avons déjà effectué les travaux de terrassement, qui ont été rendus possibles grâce à un prêt personnel pris par Saïd Abdillah, notre trésorier. Sans cette contribution, le projet n’aurait pas évolué aussi vite », déclare le président de l’UMECOM. Ghalil Achiraffi, chargé de communication de l’UMECOM, est confiant quant à la réussite du projet. « Nous avons déjà les plans, nous bénéficions du soutien de médecins, de personnalités influentes, de la diaspora comorienne, dont le réseau REFOC », explique le jeune homme.

Convaincre la diaspora comorienne à apporter sa contribution n’a pas été une mince affaire, souligne Mohamed Abdillah qui s’est heurté à la réticence de certains de ses membres. « Les Comoriens ont l’habitude de réaliser des projets pour pallier aux carences de l’Etat, explique-t-il. Le problème est que chaque communauté investit d’abord dans son propre village avant de penser au développement sur le plan national ». Toutefois, il estime que « les mentalités évoluent, notamment chez les jeunes, qui ont compris qu’il fallait se rassembler pour aller de l’avant ».

Un Gala pour convaincre

Désormais le principal défi de l’association est de trouver les moyens de financer le projet. Un gala est organisé ce vendredi soir, à Paris, à l’espace Saint-Martin, pour le présenter et convaincre de multiples personnalités politiques qui seront présentes, de participer à son financement. Diverses personnalités, membres du parti socialiste, de l’UMP et l’ambassadeur des Comores à Paris seront présents. La soirée sera diffusée sur la télévision nationale comorienne. « Nous espérons beaucoup de ce Gala, où nous attendons des centaines de personnes, affirme Ghalil Achiraffi. Un film sur les Comores sera projeté pour inciter les personnes présentes à y aller, car chez nous, c’est aussi chez eux ».

La construction du centre est aussi une façon « d’ouvrir les Comores au monde extérieur. Nous lançons un appel à tous ceux qui seront présents lors de la soirée pour qu’ils nous aident à sortir les Comores du gouffre ! », déclare M. Achiraffi. « Nous projetons aussi de solliciter l’Union européenne. Nous savons que la diaspora comorienne ne pourra pas financer seule un projet d’une telle envergure, il faut donc rester très ouvert », juge-t-il. Il espère que les hommes politiques aux Comores s’y intéresseront d’avantage, ne serait-ce que « pour s’attirer la sympathie des électeurs ». Mohamed Abdillah, lui, n’imagine pas que son projet puisse laisser insensible les décideurs comoriens et reste décidé à apporter sa pierre au développement de son pays.