Construire la paix

L’Afrique a traversé l’ère des indépendances assistées, où l’influence déterminante des anciennes puissances coloniales continuait de s’exercer tant dans les relations entre Etats africains théoriquement libres que pour maintenir au sein de chaque Etat des régimes amis.

Elle est entrée ensuite, il y a un peu plus d’une décennie, dans l’ère des affirmations nationales, où les frontières héritées des partages coloniaux ont été confrontées aux logiques identitaires et ethniques, produisant des conséquences parfois sanglantes, souvent brutales.

Parallèlement, le développement du rôle de l’OUA, actuellement présidée par le Président algérien Abdelaziz Bouteflika, a permis de tracer la voie d’une résolution autonome des conflits du continent, éventuellement sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies, qui viennent alors relayer matériellement les arbitrages proprement africains qui y sont pris. La recherche d’une pacification de l’ex-Zaïre, telle qu’elle a eu lieu à Alger ce week-end, répond précisément à cette nouvelle logique continentale qui témoigne de la possibilité d’un réel équilibre régional.

A condition que la volonté de construire la paix, et d’atteindre le développement et la prospérité par la paix, ne soit pas remise en cause par les ambitions territoriales à courte-vue et les tentations nationalistes.