Congo : un Gouvernement de rupture, rajeuni et féminisé

Nommé Premier ministre il y a une semaine par le Président Denis Sassou N’Guesso, Clément Mouamba a rendu publique, ce week-end, la composition du nouveau Gouvernement du Congo-Brazzaville. Au final, l’équipe gouvernementale, largement remaniée, est particulièrement rajeunie et féminisée.

Rigobert Ndzon (envoyé spécial à Brazzaville)

Selon un décret lu à la télévision publique par Firmin Ayessa, le directeur de Cabinet du Président Denis Sassou N’Guesso, la nouvelle équipe gouvernementale compte au total 38 ministres. Première surprise de taille : quatre ministres d’Etat, piliers des gouvernements précédents, n’ont pas été reconduits. Il s’agit d’Isidore Mvouba (Développement industriel), de Rodolphe Adada (Transports), de Me Aimé Emmanuel Yoka (Justice) et du général Florent Ntsiba (Sécurité sociale). Seul ministre d’Etat à conserver son statut, Gilbert Ondongo, moyennant un changement de portefeuille (Economie et au Développement industriel). Le ministère des Finances, dont il était jusqu’à présent le titulaire, revient en effet à Calixte Ganongo, un cadre de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC), qui fait par la même occasion son entrée au Gouvernement.

Ce dernier n’est pas le seul à se trouver en pareille situation. Car – et c’est la deuxième surprise – la nouvelle équipe gouvernementale est marquée par un fort taux de renouvellement. Pas moins de 16 ministres accèdent pour la première fois à ce niveau de responsabilité. « De ce point de vue, on peut parler de gouvernement de rupture. Le terme n’est pas galvaudé », analyse un professeur en sciences politiques de l’Université de Brazzaville.

Troisième surprise, la forte féminisation du nouvel Exécutif. On y relève la présence de huit femmes, ce qui est sans précédent. Ines Bertille NeferIngani, à la Promotion de la femme, ou encore Arlette Soudan Nonault, au Tourisme et Loisirs, font ainsi leur entrée au gouvernement.

Quatrième surprise, le rajeunissement de la nouvelle équipe gouvernementale. « Plusieurs jeunes, qui ont mouillés le maillot à l’occasion de la campagne électorale victorieuse de Denis Sassou N’Guesso, ont été récompensés », relève notre professeur de l’Université de Brazzaville. C’est notamment le cas de Digne Elvis Okombi Tsalissa, chargé des Relations avec le Parlement, de Léon Juste Ibombo, titulaire du ministère des Postes et des télécommunications, ou encore d’Ingrid Olga Ebouka Babakas au ministère du Plan.

Parmi les autres faits notables, on peut noter les cas d’Alain Akouala Atipault, qui fait son grand retour au gouvernement pour occuper le portefeuille des Zones économiques spéciales, de Henri Djombo, qui a dirigé l’Economie forestière pendant 19 ans et qui devient ministre d’Etat en charge de l’Agriculture et de l’élevage, de Raymond Zéphirin Mboulou et du Général Charles Richard Mondjo, qui demeurent respectivement ministre de l’Intérieur et de la Défense, et enfin de Lézin Thierry Moungalla, très actif durant la campagne électorale auprès du Président Denis Sassou N’Guesso, qui conserve le portefeuille des Médias et la fonction de porte-parole du Gouvernement.

La nouvelle équipe gouvernementale, placée sous la houlette de Clément Mouamba, aura pour mission principale d’accélérer le développement économique du Congo-Brazzaville suivant la volonté du Président lui-même qui a placé son nouveau mandat sous le signe de l’économie, du social et surtout de la lutte contre le chômage, en particulier celui des jeunes.