Congo : pleins feux sur le Forum Forbes Afrique 2015


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L’organisation à Brazzaville du Forum Forbes Afrique le 21 juillet 2015 a été un moment fort de la réflexion stratégique collective sur l’importance des nouvelles technologies et du numérique dans l’essor économique africain au XXIème siècle. Une flopée de personnalités de premier rang se sont succédées à la tribune pour des interventions riches et souvent passionnantes.

Il ne suffit pas de réunir dans une même salle quatre chefs d’Etat, deux Prix Nobel, plusieurs anciens Chefs d’Etat et de gouvernement, des dirigeants de grands groupes économiques, pour obtenir un Forum international marquant. Il faut ajouter à ces ingrédients la bonne dose de préparation et d’inspiration qui va permettre à chacune de leurs interventions d’apporter un élément utile à la réflexion collective. Un Forum international se conçoit comme l’interprétation d’une symphonie: l’orchestre doit être composé de musiciens de talent, mais le chef d’orchestre doit aussi être excellent.

Le Forum Forbes Afrique organisé le 21 juillet 2015 a Brazzaville a été un de ces moments exceptionnels de réflexion, de dialogue et de partage dont la capitale du Congo a le secret : toutes les interventions furent pertinentes et intéressantes, à commencer par celles des chefs d’Etat présents, dont le chercheur Jean-Louis Guigou, Président d’IPEMED, époux d’Elisabeth Guigou, Présidente de la Commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale française, constatait en aparté que la qualité et la justesse de leurs interventions montrait leur grande maîtrise d’un sujet aussi technique que décisif pour l’avenir du continent « Des chefs d’Etat européens en exercice auraient-ils été aussi bons? » s’interrogeait-il.

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Les Présidents ivoirien et ghanéen Alassane Ouattara et John Dramani Mahama prouvèrent par la précision et la richesse de leurs interventions l’intérêt qu’ils portent eux-mêmes à l’adaptation rapide de leurs économies aux mutations réclamées par cette nouvelle révolution industrielle que représente le développement du numérique : ce qui est aujourd’hui, pour reprendre les mots mêmes du Président Denis Sassou Nguesso, « l’un des principaux défis auxquels est confronté le continent dans son processus de développement ».

A la qualité des chefs d’Etat africains qui prenaient part à cette réflexion collective, répondait la qualité également des représentants d’autres continents, à commencer par l’Europe, pour laquelle intervenait l’ancien Président de l’Union européenne, José Manuel Barroso, qui resta en fonction de 2004 à 2014, l’ancien Président polonais Aleksander Kwaeniewski, mais aussi le 9ème Président israélien, Shimon Peres, Prix Nobel de la Paix, ou les anciens Premiers Ministres italien Mario Monti et belge Guy Verhosfstadt, aujourd’hui Président de l’Alliance libérale au Parlement européen.

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Les tables-rondes organisées de manière intelligente et rapide ont permis à tous les participants de profiter d’une rare qualité d’échanges, tandis que les sujets les plus concrets étaient abordés en profondeur, depuis la manière de monétiser les usages numériques croissants jusqu’aux freins énergétiques encore trop présents qui limitent le développement numérique de l’Afrique. Les interventions des économistes Paul Krugman, Prix Nobel d’économie 2008 et Daniel Cohen, co-fondateur de l’Ecole d’Economie de Paris, furent particulièrement écoutées.

Industriels porteurs de solutions innovantes, satellitaires ou terrestres, investisseurs intéressés au déploiement technique des infrastructures indispensables, entrepreneurs attachés à développer de nouvelles applications ou de nouveaux usages commerciaux, groupes nourrissant en leur sein de multiples « jeunes pousses » du numérique, présents en Afrique ou souhaitant s’y installer. Chaque intervention déclinait une facette différente des problématiques abordées et venait apporter un élément supplémentaire à la compréhension des actions à mener ou des mesures à prendre. Le tout admirablement conduit par Elé Asu, la journaliste vedette du magazine économique Reussite, sur Canal +, Olivier Galzi, Journaliste du soir sur I>télé ou encore Christine Ockrent ex présidente de la chaîne France 24 et de la Radio RFI…

La conclusion tirée en fin de journée par le Président Denis Sassou Nguesso lui-même montra avec brio la direction de la prochaine étape de cette réflexion africaine : le Sommet sur le Climat de décembre prochain à Paris. En effet le développement numérique de l’Afrique passe par la mise en place rapide de solutions innovantes en matière énergétique, afin que la fluidité et la disponibilité des services numériques soit permanente sur tout le continent.

L’électricité doit être abondante et partout disponible en Afrique, c’est l’action requise pour assurer une entrée immédiate dans l’ère numérique. Mais cela ne peut pas se faire au détriment de l’environnement, et au risque de déstabiliser le climat terrestre, comme cela s’est fait dans les pays développés. Il faut donc que le Sommet de Paris fasse de l’électrification « propre » de l’Afrique une priorité mondiale. C’est l’un des points principaux que le Congo mettra sur la table dans quelques mois.

Ainsi faut-il reconnaître au Forum Forbes Afrique 2015 une véritable utilité dans la progression de la réflexion collective sur les moyens et enjeux du numérique en Afrique : les décideurs internationaux à la fois publics et privés qui y étaient réunis y auront élargi leur compréhension et fortifié leur volonté d’agir vite et efficacement pour faire disparaître les freins qui subsistent. Le moteur numérique peut désormais rugir, accélérateur rapide du développement, capable de propulser durablement l’Afrique vers la croissance.

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