Congo : Denis Sassou N’Guesso, action, bilan, avenir

L'aéroport international d'Ollombo

L’année qui s’ouvre ce jour avec les 11èmes Jeux Africains de Brazzaville est une année importante pour le Congo, et au-delà du Congo, pour la stabilité de toute l’Afrique centrale dont la plupart des pays sont ébranlés. C’est la dernière année du deuxième mandat de Denis Sassou N’guesso à la tête de la République du Congo. La suite? Nul n’en connaît exactement le scénario. Toujours est-il qu’il fait peu de doute aux yeux des observateurs que le Président n’est pas las de la fonction. Et que les Congolais mesurent le chemin accompli sous son égide.

Cette année électorale congolaise commence donc dans la joie et la fierté. Fierté retrouvée d’une République du Congo en plein essor, qui renoue avec les fastes de ce qui fut la capitale de l’Afrique équatoriale française, pour imposer Brazzaville comme une métropole régionale incontournable, à deux encablures de Kinshasa, la mégapole anarchique qui lui fait face de l’autre côté du fleuve, mais qui ne pèse pas autant que Brazzaville, la « ville-jardin », sur l’échiquier diplomatique d’Afrique centrale. Les Jeux africains du Cinquantenaire sonnent comme un symbole de ce rayonnement retrouvé.

Sans cesse sur les routes… flambant neuves

A la tête de ce Congo qui avance à grande vitesse sur la voie du développement économique et social, Denis Sassou N’guesso semble infatigable. Il a multiplié cet été les déplacements d’un bout à l’autre du pays, inaugurant à tour de bras ce qui fait sa fierté : les infrastructures construites dans tous les départements, et qui changent la face du Congo. Les routes d’abord, les hôpitaux ensuite, les réserves d’eau potable, les écoles et les établissements scolaires, secondaires voire supérieurs. Faciliter et accélérer les déplacements, offrir l’eau potable et la santé pour tous, maintenir le Congo en tête des pays africains pour le taux de scolarisation et d’alphabétisation. Donner aux Congolais tous les attributs d’un pays neuf, lancé dans la course du développement et de l’attractivité économique, prêt à relever les défis de la diversification de ses activités, créatrices de richesses et d’emplois.

Le Président regarde non sans fierté le chemin accompli. Il se souvient de ce qu’étaient les communications au travers du Congo à la naissance du Pays, et encore jusqu’aux années 1990. « Prendre la route, c’était comme jouer aux dés. » Les aléas étaient nombreux, tant en termes de sécurité que de viabilité des voies. Dès qu’il l’a pu, il a orienté avec constance les investissements du pays dans son infrastructure routière et dans les équipements nécessaires au renforcement des liaisons aériennes… « Résultat : la longueur totale du réseau routier bitumé en 2015 est de plus de 3.000 kilomètres contre moins de 1.000 kilomètres au début de l’année 2000. Les routes d’intérêt départemental ou interdépartemental sont aujourd’hui aménagées sur plus de 9.000 kilomètres. Plus de 100 ouvrages de franchissement, de type pont, ont été construits. En dehors d’Impfondo, tous les chefs-lieux de département s’ouvriront, dans les prochains mois, à Brazzaville par route bitumée. A l’international, le Congo est dorénavant relié au Gabon, au Cameroun et à l’Angola (Cabinda) par des voies terrestres déjà bitumées ou en cours d’achèvement. Concernant les aéroports, le Congo ne disposait que de deux, dans un piteux état, au début des années 2000. A présent, il en compte dix, modernes, dont quatre de classe internationale : Maya-Maya à Brazzaville, Agostino-Neto à Pointe-Noire, Ollombo et Ouesso. »

L'aéroport international d'Ollombo

Un budget majoritairement consacré aux infrastructures à bâtir

Ces choix ont eu une réalité budgétaire claire : « Fort des revenus pétroliers significatifs engrangés dans les premières années de la décennie passée, nous avons engagé, à compter de 2004, les programmes de grands travaux publics et de municipalisation accélérée, département par département, et année après année. Ainsi, l’investissement public annuel a bondi de 158 milliards de francs CFA en 2000 à 1.000 milliards de francs CFA en 2011 et à plus de 2.000 milliards de francs CFA en 2014. Ces sommes ont été investies pour l’essentiel dans des infrastructures de communication, de télécommunications, de production d’énergie et d’eau potable, de santé et de sport. » Rares sont en réalité dans le monde les pays qui consacrent une telle part de leurs ressources au développement de leurs infrastructures. « C’est un pari sur l’avenir en même temps qu’une volonté de réunir au plus vite toutes les conditions nécessaires au développement. Lire le budget du Congo depuis plusieurs années, c’est comme lire la partition d’un orchestre qui jouerait la Symphonie du développement » s’exclame, d’humeur lyrique, un haut-fonctionnaire français séduit par les chiffres du Budget congolais.

Nombreux sont les observateurs qui furent un peu décontenancés par le « Discours sur l’Etat de la Nation  » prononcé le 12 août 2015 devant les corps constitués et grâce à la télévision devant tous les Congolais, par Denis Sassou N’guesso. Le Président avait choisi, ce jour-là, de prendre son auditoire à contre-pied. On l’attendait sur la Constitution. Il préféra tirer un bilan. Plutôt que la politique politicienne : l’action. Les faits, qui parlent d’eux-mêmes.

Mesurer le chemin parcouru !

Mais ce bilan n’était pas inutile pour faire sentir à chacun, et notamment aux plus jeunes, le chemin parcouru en l’espace de deux mandats présidentiels : redressement économique rapide, croissance économique solide stable au-dessus de 5% annuels, augmentation sensible du revenu par habitant : « le produit intérieur brut par habitant était repassé au-dessus des 1.000 dollars dès l’an 2000. Six ans après, il avait plus que doublé en dépassant les 2.000 dollars. En 2010 et 2011, il avoisinait les 4.000 dollars. Selon le PNUD, le revenu national par habitant au Congo s’était fixé à 4.900 dollars en 2013, soit une multiplication par plus de 4 en 13 ans…  »

Avec une traduction immédiate : l’allongement de l’espérance de vie des Congolais, qui est passée de 52 ans à 59 ans… Et même 60 ans pour les Congolaises. Cela répond en même temps aux observations du Programme des Nations Unies pour le Développement, qui salue depuis 2013 la présence du Congo parmi les 12 Pays d’Afrique ayant un indice moyen de développement humain… Tandis que plus de quarante autres pays d’Afrique sont derrière…

Priorité à la santé publique

Dès que cela a été budgétairement possible, le Congo a adopté des mesures très importantes pour renforcer la protection sanitaire des populations… Pour une meilleure prise en charge des malades, l’Etat congolais a engagé la construction de douze hôpitaux généraux dans les douze départements du pays et d’un grand hôpital militaire à Brazzaville. Il construit deux centres de dialyse et de traitement de l’insuffisance rénale à Brazzaville et à Pointe-Noire. Auparavant, il avait achevé la construction du Centre national de référence de la drépanocytose à Brazzaville, reconstruit l’hôpital de Talangaï, réhabilité le Centre Hospitalier Universitaire de Brazzaville, l’hôpital mère et enfant Blanche GOMES de Brazzaville, l’hôpital Adolphe CISSE de Pointe-Noire, l’hôpital général de Dolisie et l’hôpital général d’Owando.

C’est dès 2002, au regard du nombre important de décès et des problèmes de santé occasionnés par le VIH/SIDA, que le Congo a décidé de rendre gratuit le traitement anti rétroviral. Deux ans après, ce sont tous les examens liés au VIH/SIDA qui ont été rendus gratuits afin de faire régresser l’épidémie sur le territoire congolais. Le paludisme s’étant imposé comme la première cause des décès infantiles, la gratuité de son traitement a été décidée en 2007. Celle de la césarienne lors des accouchements difficiles l’a été en 2010…

Il était assez naturel que les effets de cette politique sanitaire volontariste se fassent sentir, jointe à la politique de fort développement des ressources en eau potable et en électricité en ville comme à la campagne, conduisant à un allongement de l’espérance de vie.

Alors, à l’examen du chemin parcouru et des réalisations concrètes financées années après années la question ne se pose pas vraiment de savoir si le bilan des deux mandats que Denis Sassou N’guesso vient d’accomplir à la tête du Congo est positif ou négatif. La réponse est évidente : la vie quotidienne des Congolais a changé, le Congo a été en grande partie transfiguré.

C’est pourquoi la question suivante, s’il serait juste que Denis Sassou N’guesso puisse à nouveau se présenter devant ses concitoyens pour briguer leurs suffrages, est déjà moralement tranchée : au regard de l’action accomplie pour le Congo, il est clair qu’il serait injuste qu’il en soit empêché.