Congo, Côte d’Ivoire : mêmes consignes de vote, mêmes résultats

Le week-end électoral qui s’est joué le 25 octobre dernier au Congo et en Côte d’Ivoire a permis de lever le voile sur certains aspects du scrutin. Denis Sassou N’Guesso qui consultait son peuple par référendum et Alassane Ouattara qui briguait un second mandat présidentiel ont tous deux convaincu leurs peuples respectifs qui leur ont renouvelé leur confiance. Dans les deux pays, l’opposition, qui a appelé au boycott, dénonce une « mascarade » d’autant que les deux dirigeants ont récolté un score fleuve.

Les contextes et les motifs du vote dans les deux pays sont certes différents, mais les résultats sont quasi-identiques : 83,66 des voix pour ADO et 92,2% de « Oui » pour Sassou. Le message est assez clair, ceux qui ont voulu voter, ont largement approuvé la politique établie par les Présidents Alassane Dramane Ouattara (ADO)de la Côte d’Ivoire et Denis Sassou N’Guesso du Congo. Au Congo, l’appel du Président allait dans le sens de consulter la population en vue d’une évolution de la Constitution; en Côte d’Ivoire, Alassane Dramane Ouattara sollicitait la confiance de son peuple pour renouveler son mandat présidentiel. Mais dans les deux pays, l’opposition avait quasiment la même posture et avait donné la même consigne de vote : le boycott pur et simple.

En Côte d’Ivoire, trois candidats se retirent de la Présidentielle

L’opposition ivoirienne a bien balisé la voie pour le Président sortant, d’autant qu’avec l’appel au boycott d’une partie du FPI et le retrait avant le premier tour de trois candidats, Alassane Ouattara faisait ainsi face à une opposition quasi-inexistante. C’est en effet un FPI piloté par un Pascal Affi N’Guessan peu « crédible » depuis qu’il a tenté de dialoguer avec le pouvoir après avoir été élargi de prison, et un Kouadio Konan Bertin qui ne faisait pas le poids et qui a d’ailleurs été le premier candidat à féliciter Alassane Ouattara, avant même la proclamation des résultats, qui étaient censés barrer la route à Alassane Ouattara. Une mission qui aura échoué puisque ADO est passé au premier tour du scrutin présidentiel du 25 octobre de l’An 2015, comme… lettre à la poste, soutenu par un peuple qui justifie son choix par la paix, la quiétude existantes en Cote d’Ivoire, pays d’Afrique de l’Ouest qui a entamé sa marche vers une croissance. Et c’est cette sans doute cette même paix et cette même phase de croissance enclenchées au Congo qui ont poussé les populations à valider le référendum proposé par Denis Sassou N’Guesso.

Si en Côte d’Ivoire, le Président Ouattara a rencontré un tant soit peu de résistance, incarné par les candidats Affi N’Guessan et autre Kouadio Konan Bertin, au Congo, l’opposition a été on ne peut plus radicale. En effet, c’est une consigne de vote très claire que cette opposition, pilotée par le FROCAD et l’IDC a donnée : boycotter le référendum proposé par Denis Sassou N’Guesso en vue de consulter le peuple sur une évolution de la Constitution, laquelle évolution allait réduire les pouvoirs de l’Exécutif pour renforcer le Parlement, même si elle allait permettre au Président de briguer, en cas de « Oui », un nouveau mandat. Et là encore, ce sera au peuple d’en décider à travers un scrutin, cette fois présidentiel.

Au Congo, on appelle au boycott puis à la désobéissance civile

Au Congo, malgré l’appel au boycott, le taux de participation global s’est élevé à plus de 72%, avec un « Oui » qui l’emporte largement (92,2%), sur le « Non » (7,73%). En Côte d’Ivoire, avec un taux de participation de 54,63%, Alassane Ouattara a eu un taux fleuve de 83,66% des voix. Les deux votes, en Côte d’Ivoire et au Congo, ont donné lieu à une contestation de la part de l’opposition. Si en Côte d’Ivoire, Affi N’Guessan qui a un dossier judiciaire en instance, a adouci son propos, accusant de façon feutrée le pouvoir de fraude, et réclamant plus de 30% des suffrages, au Congo, l’opposition, par la voix de Pascal Tsaty Mabiala, conteste les résultats et appelle ses militants à poursuivre la désobéissance civile.

Dans les deux cas, en Côte d’Ivoire comme au Congo, le constat est le même : l’opposition (en tout cas l’opposition dite « radicale », au Congo et la majorité de l’opposition en Côte d’Ivoire) a appelé au boycott du scrutin pour ensuite dénoncer le faible pourcentage d’électeurs qui ont tenté de barrer la route aux dirigeants respectifs. Reste à savoir comment ces électeurs qui ont suivi les consignes de vote et sont donc restés chez eux, peuvent jouer sur les chiffres des élections et faire pencher la balance en faveur de l’opposition. Pas étonnant donc que les électeurs favorables aux deux Présidents, ayant été quasiment seuls à se rendre aux urnes, aient pu gratifier leur dirigeant de scores fleuves.