Conflit en RDC : Kigali de plus en plus isolé à l’international

L’Onu hausse le ton contre le Rwanda, affirmant avoir des informations « crédibles et cohérentes sur un soutien de Kigali au groupe rebelle du M23 » en confrontation avec l’armée congolaise, dans l’est de la République démocratique du Congo. Face à le pression internationale de plus en plus accrue, le régime de Kagamé, jusqu’à présent bien droit dans ses bottes, trébuche.

Kigali, qui avait jusqu’à présent toujours bénéficié du soutien des puissances occidentales, semble de plus en plus isolé sur la scène internationale. Alors que les combats dans le nord-Kivu, à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) font rage entre l’armée congolaise et les rebelles du M23, l’Onu veut mettre le régime de Kagamé face à ses responsabilités. L’Institution a de nouveau réitéré avoir des
« informations crédibles et cohérentes » sur un soutien de l’armée rwandaise aux rebelles du M23 dans les combats en RDC, soulignant que les troupes rwandaises se sont infiltrées en RDC « durant ces derniers jours ».

Riposte de Ban Ki-moon

Le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, n’a pas hésité à contacter le Président rwandais, Paul Kagamé en personne, par téléphone, lui demandant « instamment de faire preuve de retenue », qualifiant « la situation dans le Kivu d’intenable », selon des diplomates. D’après ces derniers, il a indiqué au Conseil que la Mission de l’Onu en RDC pour la paix (Monusco), qui prête main forte aux soldats congolais dans la lutte contre le M23, qu’il avait « constaté des tirs d’artillerie du M23 » sur le Rwanda.

Un constat rejeté par Kigali qui, de son côté, accuse les forces de Kinshasa d’avoir tiré sur son territoire. L’incendie diplomatique entre Kinshasa et Kigali s’est déclaré jeudi, suite à la mort d’une Rwandaise et son bébé, tués par un tir d’obus qui s’est écrasé près d’un marché, dans la localité rwandaise de Rubavu (Gisenyi), frontalière de la ville congolaise de Goma. Pour Kigali, il est indéniable que l’armée congolaise est à l’origine de leur décès, affirmant que cet obus a été tiré « volontairement » depuis la RDC. Seulement, la Monusco n’a pas constaté de tirs sur le Rwanda de la part des forces congolaises, car les tirs d’artillerie venaient « de zones où les FARDC ne sont pas présentes ».

Pression sur Kagamé

Malgré les accusations à l’international de plus en plus récurrentes sur son rôle dans le conflit, dans l’est de la RDC, qui dure depuis une vingtaine d’années, Kigali a toujours réfuté ces allégations, accusant de son côté l’armée congolaise de prêter main forte aux rebelles Hutus rwandais du Front démocratique de libération du Rwanda (FDLR). Traqués par le régime de Kagamé qui les accuse d’être à l’initiative du génocide rwandais de 1994, ces derniers se sont réfugiés en grand nombre dans l’est de la RDC. Paul Kagamé a d’ailleurs souvent justifié la présence de troupes rwandaises en RDC, arguant qu’il voulait mettre un terme au présumé complot des rebelles Hutus qui aurait pour but de déstabiliser son régime.

Si cette argumentation avait tenu la route aux yeux d’une communauté internationale toutefois loin d’être dupe, désormais elle s’est, ces dernières années, fissurée un peu plus…