« Confessions d’un vampire sud-africain »

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L’acteur et chanteur franco-gabonais Jann Halexander incarne sur les planches Pretorius Malan, un vampire sud-africain rendu immortel par les crocs d’un certain Dracula. Ce prédateur sanguinaire bisexuel fait preuve d’un humour noir et d’un cynisme parfois si extrêmes qu’on finit par en rire. Une pièce à découvrir pendant tout le mois de janvier en France, au Musée des vampires…

qqqqqqqqqqqqqq.jpgJann Halexander se fond dans la peau d’un suceur de sang. Pour l’écriture de sa première pièce de théâtre, ce charmant acteur franco-gabonais – dont le pseudonyme est inspiré de l’artiste sud-africaine Jane Alexander – a décidé de conter une fiction. Et quelle fiction ! Le jeune homme de 25 ans incarne sur les planches Pretorius Malan, un vampire sud-africain originaire d’une localité près du Cap. L’action se déroule en 2008, soit cent ans après que ce fils de commerçants métis a poussé son premier cri. Pretorius Malan est seul sur les planches et s’adresse à des étudiants, campés par les spectateurs, à qui il raconte son siècle passé sur Terre.

Vampire politiquement incorrect

Confessions d’un vampire sud-africain, ponctuée de chansons de Jann Halexander, est interdite aux moins de 18 ans. Et pour cause. Les propos de Pretorius Malan sont parfois si crus qu’ils peuvent choquer. Exemple : « Dès l’âge de 20 ans, je fus embauché à l’hôtel Transylvanie, qui a été rasé en 1991. (…) Habituellement le restaurant n’était ouvert que le soir. En journée, je m’occupais de mes parents, je couchais à droite à gauche, avec des hommes, avec des femmes, je violais mes jeunes cousins, qui avaient l’air d’aimer ça. J’étais heureux ».

Ce discours, Pretorius Malan le doit en grande partie à son cœur asséché. Un cœur qui recommencera à s’émouvoir le 6 mars 1948, le jour qui bouleversa sa vie, le jour où il rencontra l’Amour. Le quadragénaire s’amourache d’un certain Dracula, de deux siècles son aîné, qui « avait dû fuir à la hâte son château en Roumanie, suite au coup d’Etat du 6 mars 1945. Sa demeure avait été expropriée par les communistes ».

Un acteur multi-casquettes

Les deux hommes ont dû se séparer, mais avant de partir Dracula a transmis la vie éternelle à son amant en plantant dans sa chair ses crocs pointus. Pretorius Malan profitera de cet héritage avec le cœur meurtri, mais il ne résiste jamais à de la chair et du sang frais. Fin gourmet qu’il est, il a même ses préférences : « Mis à part la viande animale, notamment le saucisson sec, je mange un peu de tout, je parle des humains. La viande blanche est plus salée que la viande de couleur, faut dire que les Blancs mangent plus, sont assez grassouillets, bref une viande aussi très tendre ».

Dans cette pièce dramatique très sombre, Jann Halexander cherche à mettre en exergue le mal d’aimer et à dénoncer les maux de l’humanité, comme le racisme – un thème abordé à plusieurs reprises. Notamment au travers de l’évocation du régime raciste ségrégationniste de l’Apartheid, de la libération de la nation Arc-en-Ciel et de la Shoah.

Les questions liées à la couleur de peau, ainsi qu’à l’identité sexuelle, jalonnent l’œuvre de Jann Halexander. Son œuvre tant écrite que musicale, puisque le chanteur et pianiste a sorti plusieurs albums, dont L’ombre Mauve (2004), Brasillach 1945 (2004), Halexander Songs (2005) et La Confession du Mulâtre (2007). Avec Confessions d’un vampire sud-africain, le producteur du film gay J’aimerais, J’aimerais ajoute une nouvelle corde à son arc pour faire passer ses messages.

« Confessions d’un vampire sud-africain »

du 2 janvier au 1er février 2008

à 21h au Musée des vampires

14, rue Jules David, les Lilas (93)

Tarif : 13 euros

 Visiter le site de Jann Halexander