Comores : la rébellion aurait enregistré ses premières pertes

La rébellion anjouanaise aurait perdu « des dizaines » d’hommes suite à une opération de reconnaissance de l’armée comorienne effectuée ce dimanche. Elle s’apprête, forte de l’aide militaire de l’Union africaine, à démettre le président anjouanais Mohamed Bacar, dont l’élection en 2007 n’a pas été validée par l’Union des Comores.

« Des dizaines de morts et des dégâts matériels importants », c’est le bilan dressé lundi soir par l’armée comorienne à la suite des affrontements qui l’ont opposée dimanche à la rébellion anjouanaise. Ils auraient éclaté, indique le communiqué du chef de l’Etat major de l’Armée Nationale de Développement (AND), le lieutenant-colonel Salimou Mohamed Amir, alors qu’une « patrouille de l’armée (était) partie récupérer des éléments infiltrés à Anjouan le vendredi 14 mars, dans le cadre des nombreuses missions de reconnaissance de terrain en vue de la libération d’Anjouan ». L’Armée nationale de développement (AND) ne compterait, elle, que deux blessés. L’opération de ce week-end est la deuxième du genre après celle du 9 et 10 mars dernier.

L’AND attend les renforts de l’UA pour démettre le président Bacar

Depuis quelques semaines, l’AND se prépare à déloger le président autoproclammé de l’île d’Anjouan, Mohamed Bacar. A la tête de l’île depuis 2002, sa réélection en juin 2007 est contestée par le gouvernement fédéral de l’Union des Comores qui rassemble les îles de La Grande Comore, de Mohélie et d’Anjouan. « Tous les renseignements dont nous avions besoin pour l’opération de débarquement « Démocratie aux Comores » ont été recueillis : nous savons que les troupes de Bacar sont désorganisées, et qu’il ne contrôle pas vraiment l’île comme il le prétend », a indiqué le lieutenant-colonel Salimou Mohamed Amir. L’opération amphibie sera déclenchée dès que les renforts de l’Union africaine (UA), qui s’est engagée à apporter un soutien militaire au gouvernement fédéral comorien, seront au complet. Une partie des soldats attendus est déjà arrivée dans la capitale de l’Union des Comores, Moroni, la semaine dernière.

Selon le lieutenant-colonel Salimou Mohamed Amir, dont les propos ont été recueillis par l’AFP, le reste des troupes devraient être opérationnelles dans les 48h. « Les Tanzaniens sont déjà arrivés, ainsi que 200 Soudanais, seuls les Sénégalais ne sont pas arrivés (…). Ils devaient être ici dimanche mais il y a eu des retards ». « Nous allons continuer les patrouilles maritimes autour d’Anjouan pour maintenir la pression sur Bacar », a-t-il ajouté. « Mohamed Bacar aura compris qu’il était fragile et qu’il ne lui restait plus que deux alternatives : partir ou nous attendre. J’espère qu’il va nous attendre ». Le chef de l’AND a également assuré lundi que son armée s’attellera à « préserver la sécurité et la paix civile et (à) faire respecter la loi ». L’ensemble de la communauté internationale s’est jointe aux autorités comoriennes et à l’Union africaine pour condamner le président anjouanais.