Comores : Coup d’Etat sur l’île d’Anjouan ?

Le bâtiment qui abrite la représentation des autorités fédérales de l’Union des Comores, à Anjouan, est sous le contrôle, depuis mercredi, des troupes fidèles au président sortant de l’île, Mohamed Bacar. Ce dernier, sommé par la justice de quitter son poste, refuse d’obtempérer. Pour les autorités comoriennes, la manœuvre s’apparente à un coup d’Etat.

Les troupes loyalistes au président sortant de l’île d’Anjouan, Mohamed Bacar, occupent, depuis mercredi, le siège de la représentation des autorités fédérales de l’Union des Comores à Mutsamudu, la capitale anjouanaise. Après s’être imposés face aux éléments de l’armée fédérale présente sur l’île. « La trentaine de militaires représentant la branche de l’armée comorienne à Anjouan a dû battre en retraite faute de moyens et de munitions », a déclaré, jeudi, le premier vice-président de l’Assemblée nationale de l’Union des Comores, Youssouf Saïd. Pour le responsable comorien, la manœuvre « ressemble à un putsch » de Mohamed Bacar qui disposerait de « de près de 500 hommes bien armés ». Selon un source officielle rapportée par l’AFP, un soldat de l’armée comorienne a été tué et un autre est porté disparu sur l’île. La situation est, pour l’instant, calme ce vendredi.

Mohamed Bacar ne veut pas quitter le pouvoir avant les présidentielles de juin

Les affrontements de mercredi font suite à la nomination, la semaine dernière, d’un président intérimaire en remplacement de Mohamed Bacar. La justice comorienne a en effet estimé que son mandat de cinq ans était arrivé à expiration. Le Chef de l’Etat anjouanais est arrivé au pouvoir en 2001 à la suite d’un coup d’Etat militaire, puis a été élu président le 31 mars 2002. Mais il avait pris fonction, le 14 avril 2002, avant les présidents de la Grande-Comore et de Mohéli qui forment l’Union des Comores. Les prochaines élections présidentielles de la fédération, où Mohamed Bacar est candidat à sa propre succession, sont prévues les 10 et 24 juin prochains.

L’Union africaine a déjà, par la voix de son représentant aux Comores, Mourad Taiati, « condamné ce qui s’est passé ». C’est inacceptable, a-t-il poursuivi, qu’Anjouan puisse utiliser des armes contre l’armée comorienne ». L’Union, dont la population s’élève à environ 600.000 habitants, est familière de ces conflits de compétences qui opposent ses trois îles autonomes, qui disposent de leur propre exécutif, et son Etat fédéral. En 1997, Anjouan avait même déclaré son indépendance pour réintégrer quatre ans plus tard, en 2001, la fédération.