Comment le Sénégal tente d’éviter le drame Rayan au Maroc


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Un puits sécurisé au Sénégal
Un puits sécurisé au Sénégal

Le Maroc n’est pas le seul pays où les enfants sont menacés de chute dans des puits traditionnels. Beaucoup de pays africains vivent ce même phénomène. Mais au Sénégal, par exemple, les autorités tentent, tant que bien que mal, de prévenir ces drames.

La mort au Maroc de Rayan, 5 ans, a été durement vécue partout dans le monde. Ce petit enfant tombé à 32 mètres dans un puits profond de 60 mètres et qui y est resté coincé pendant cinq jours, a ému la planète. Surtout lorsque la nouvelle que l’enfant a finalement succombé est tombée. Dans tous les pays, c’est l’émoi total. L’horreur après cinq jours d’espoir. Au Sénégal, ce drame a été une pilule très difficile à avaler. « On a souvent entendu parler d’un enfant tombé dans un puits. Mort ou vivant, il est extrait le même jour. Mais lorsqu’un enfant passe des jours dans un puits, sans qu’on ne puisse l’en extraire, c’est tout simplement l’horreur. Cet enfant aura souffert avant sa mort. C’est dur d’apprendre une telle nouvelle », lance Oulimata Mbaye, commerçante au marché central de Thiès. Selon elle, le drame du Maroc interpelle les autorités de tous les pays d’Afrique.

A Thiès, région situé à 70 kilomètres de la capitale sénégalaise, Dakar, les autorités n’ont pas attendu le drame du royaume chérifien pour veiller à la sécurisation des puits. Bien au contraire, cela fait des années qu’elles mènent un combat pour éviter l’irréparable.« Nous avons eu des cas de décès d’enfants tombés dans des puits. Dans de pareils cas, une mise en demeure est servie aux responsables de ces villages concernés afin qu’ils prennent le plus rapidement possible les dispositions nécessaires pour éviter ce genre de drame. D’ailleurs, c’est un combat que nous menons au quotidien. Il y a beaucoup de spécificités, en fonctions de l’emplacement et du danger que le puits représente. Dans tous les cas, un puits est toujours dangereux », nous dit cet agent municipal sous le couvert de l’anonymat.

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« C’est le cas par exemple du puits de Nguinth, qui a été fermé pendant assez longtemps, pour défaut de sécurité. Lorsque les populations nous ont fait une proposition de sécurisation de ce puits jugé dangereux, surtout qu’il est creusé à moins de deux mètres de la chassée, nous avons validé sa réouverture tout en veillant au respect des normes sécuritaires. Aujourd’hui, ce puis répond en effet aux normes de sécurité et ne représente aucun danger pour les populations environnantes. Surtout qu’il se trouve à deux pas d’un établissement scolaire (CDEM Nguinth) », poursuit cet agent de la ville de Thiès.

Un tour effectué dans cette localité permet en effet de constater que le puits été sécurisé. Doté d’une pompe électrique, le puits n’est pas à ciel ouvert, loin de ces tombeaux. Doté d’un couvercle en fer, fermé avec un cadenas, l’eau de ce puits peut alimenter tout un quartier. « Nous avons payé la pompe à 65 000 FCFA. Elle est actionnée à partir d’un interrupteur. Nous avons un compteur à la carte prépayée. Avant ce système qui fonctionne avec l’électrique de la SENELEC (Société nationale d’électricité), nous avions un groupe électrogène pour pomper l’eau du puits et la commercialiser moyennant 100 FCFA les 200 litres. Le groupe électrogène est un moyen de sécurisation qui peut être utilisé dans les puits de village où il n’y a pas de réseau électrique », confie Victor Malick Ndione, responsable de ce puits.

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« Ce système permet d’éviter des accidents mortels souvent causés par les puits. Il y a un peu plus d’un an que nous avons installé cette pompe dans ce puits qui avait été fermé par la municipalité pour des raisons de sécurité. Mais aujourd’hui, il répond aux exigences sécuritaires. D’ailleurs, je pense que les autorités vont insister pour sécuriser tous les puits existant au Sénégal afin de prévenir les accidents souvent mortels autour de ces puits dont les profondeurs varient entre 10 et 50 mètres, selon les endroits. Au-delà du Sénégal que les autorités des autres pays  et d’Afrique tentent aussi de sécuriser leurs puits pour éviter le drame de cet enfant du Maroc ».

Victor Malick Ndione devant l'interrupteur du puits
Victor Malick Ndione devant l’interrupteur du puits

Un drame qui ne concerne pas seulement le Maroc. Car, dans cette même ville de Thiès, non loin de ce même quartier de Nguinth, un drame s’est produit tout récemment. Il s’agit d’une fille d’environ 15 ans, qui se serait jetée dans un puits, à Thionakh Peulh. Si la thèse du suicide est évoquée, d’autres parlent de meurtre déguisé. Quoiqu’il en soit, il y a eu un drame causé par ce puits creusé à ciel ouvert. Des pas certes de faits au Sénégal dans la ,sécurisation de ces orifices terrestres, mais d’autres attendus par les populations africaines qui ne veulent plus voir d’autres Rayan périr dans les puits.

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Journaliste pluridisciplinaire, je suis passionné de l’information en lien avec l’Afrique. D’où mon attachement à Afrik.com, premier site panafricain d’information en ligne
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