« Color », la magie entre Papa Noël et Viviane A

La grande figure musicale congolaise, Papa Noël et la célèbre accordéoniste française Viviane A, ont conçu leur premier album, « Color », sorti le 23 septembre. Les deux artistes qui ne font qu’un dans ce voyage musical, délivrent un message de paix et de sagesse, tout en douceur.
Rencontre.

« Nono », c’est comme ça que Viviane A, en toute simplicité, qui porte un jean assorti d’un haut rouge, surnomme Papa Noël, vêtu d’un élégant costume noir, arborant un chapeau. C’est indéniable, les deux artistes sont complices. Installés toujours l’un à côté de l’autre, il suffit des les voir pour comprendre qu’il faut juste un seul regard pour qu’ils se comprennent.

Une complicité qui se ressent dans leur premier album « Color ». Trois ans. C’est le temps que le Congolais Papa Noël et la Française Viviane Arnoux, alias Viviane A, ont mis pour que leur opus voie le jour. Sorti officiellement le 23 septembre, sous le label Buda Musique, « Color » est avant tout l’histoire d’une rencontre musicale entre deux poids lourds de la scène musicale internationale. « Nous voulons, à travers cet album, transmettre un message de paix et de sagesse tout en douceur », expliquent-ils. Papa Noël, l’une des plus grandes voix de la rumba congolaise, et Viviane A, première accordéoniste française à avoir ouvert la voix de son instrument vers les musiques d’ailleurs, ne font qu’un lorsqu’ils jouent ensemble.

Dans cet album aux sonorités acoustiques, où se mêlent rumba congolaise traditionnelle, et sonorités afro-cubaines, c’est une union musicale qu’ils proposent pour raconter leur rencontre. « On a appris à se connaitre », lance Papa Noël, en riant. « Vas-y Nono, raconte », lui dit sa partenaire, les yeux rieurs. « Nous nous sommes rencontrés voilà 15 ans, au cours de tournées internationales du chanteur angolais, Sam Mangwana. Nous avons vécu des émotions sur scène à New-York, à Montréal, à Londres, au Brésil, au Danemark, en Suisse… », livre l’artiste congolais. Puis, ils se sont retrouvés à Paris en 2007 dans le groupe Kekele. « Dans les coulisses, alors que nous chauffions nos instruments, la naissance de notre duo s’est imposée à nous, pour créer une musique acoustique qui groove et qui chante la douceur entre nous, à l’ancienne, sans fard, juste avec notre cœur », selon Viviane A.

Quand guitare et accordéon ne font qu’un

C’est effectivement « sans fard », en toute simplicité et avec spontanéité, que les deux artistes s’attellent à leur projet, à partir de 2010. C’est Viviane A qui en a eu l’idée, à son retour d’une tournée aux Etats-Unis. « Ça a d’ailleurs surpris beaucoup de monde », se souvient Papa Noël. « Les gens, en effet, ne s’attendaient pas à un tel duo ». L’artiste congolais, qui avait déjà commencé à travailler sur son prochain album, a tout de suite été emballé à l’idée de marier la rumba congolaise traditionnelle à l’accordéon. « L’avantage de l’accordéon, c’est qu’il laisse de la place, de la liberté et de l’espace à chaque note qui n’est pas obstruée ni étouffée par d’autres instruments », explique l’accordéoniste française.

Pour Papa Noël, chaque note « raconte quelque chose. On interprète des images sonores. C’est un voyage vers les Monts et Vallées du volcan de Kirungo. « On fait de la poésie en fait », affirme pour sa part Viviane A. L’album s’est fait « naturellement, les paroles sont venues seules, tout s’est fait spontanément, affirme la star de la rumba congolaise. Et sans même réfléchir, je me suis dit que « Color » conviendrait très bien à l’album, comme nom », faisant référence aux sonorités musicales métissées de l’album.

Le duo, qui veut également toucher toutes les générations, adresse un message à la jeunesse congolaise à travers « Color ». Pour Papa Noël, c’est aussi un moyen « de mettre au terme aux dérives de la musique congolaise et d’aider les jeunes artistes à retrouver le droit chemin. Il faut que les jeunes artistes congolais reviennent à la rumba congolaise qui est notre patrimoine ». En attendant, les deux artistes se préparent à leur tournée dans toute la France. Avant de retourner sur ses pas avec sa camarade musicale, le colosse congolais remercie le « Seigneur » de lui avoir donné la « chance de vivre » une telle expérience. « « Color » c’est tout simplement de la magie ».