Colombie : La violence paramilitaire affecte les afrocolombiens de la région portuaire

Dans la région de Buenaventura où se trouve le plus grand port colombien, 70% de la population est constituée d’afrocolombiens. Victimes de la misère et de l’exclusion qui marquent le préjugé ethnique; ils sont, de plus victimes au quotidien de la violence paramilitaire qui tue ou fait disparaître les habitants des quartiers environnants.

Buenaventura a été militarisé pour développer une politique de « Sécurité et d’État Communautaire », mais cela n’a signifié qu’une réorganisation des opérations paramilitaires dont les actions ont pour cible préférée les jeunes femmes et les jeunes hommes. Les paramilitaires agissent librement, avec une impunité permise y compris par des organismes d’enquête et de contrôle.

« Les quartiers populaires militarisés sont les mêmes dans lesquels se déchaîne la barbarie paramilitaire qui atteint le chiffre de 25 disparitions forcées l’année reconnues par les autorités locales elles mêmes », indique la Commission interecclésiale de Justice et Paix dans un communiqué public. Les secteurs sociaux affirment que le nombre de disparitions forcées est de plus d’une centaine.

La Commission interecclésiale demande l’activation immédiate du système de recherche des disparus de forces – par une enquête indépendante; le démantèlement effectif des structures paramilitaires sur la rue « Piedras Cantas »; de faire front contre les structures paramilitaires qui contrôlent l’approvisionnement d’aliments et le commerce sur la place principale de Buenaventura et au marché « Matías Mulumba »; la destitution des autorités policières et militaires qui permettent l’extermination de la population afrocolombienne.

En plus de l’annulation des mesures préventives visées par le Décret 092 du 30 avril 2007, « par le biais duquel sont édictées les dispositions transitoires de prévention et de préservation de l’ordre public dans la ville de Buenaventura »; l’enquête qui identifie les responsables du programme d’extermination de la population afrocolombienne comme (auteurs de) Crimes de Lèse Humanité.

Des corps d’hommes, de femmes et de jeunes sont dépecés et exposés à l’humiliation publique ou jetés à la mer pour éviter leur reconnaissance et s’assurer l’impunité. Le 24 août, la jeune Ingrid Sinisterra a été assassinée et deux autres voisines du même quartier, Muro Yusti, ont disparu. Au début de ce mois, un autre jeune, Alex Bonilla, a été assassiné par des paramilitaires au quartier Alfonso López. Trois autres ont été assassinés sans que personne ne dénonce les crimes.

Selon la Commission, ce modèle de développement génère une violence institutionnelle qui nie le droit minimum, ou des droits fondamentaux aux afrocolombiens qui vivaient déjà dans la région portuaire. La population sera de plus affectée par le complexe industriel qui est en projet de construction dans la zone portuaire, principalement les habitants des quartiers La Inmaculada, Santa Fe, Miramar, Punta del Este et Santa Cruz.

De même, le projet d’Eau Douce ( Agua Dulce) d’agrandissement de portuaire et industriel affecteront les afrodescendants de Bajo Calima. Autant le complexe industriel que le projet Agua Dulce sont déjà approuvé et ont reçu un permis environnemental. Le projet du delta du fleuve D’água condamnera les quartiers de San Francisco, Palo Seco, Juan XXIII, Bellavista et El Olímpico. La majorité de ces quartiers pâtissent des actions paramilitaires.