Classement : Indice Ibrahim de la gouvernance africaine 2011

Le cinquième Indice Ibrahim de la gouvernance africaine souligne combien une approche équilibrée, équitable et inclusive est un élément crucial pour la qualité de la gouvernance.

L’Indice Ibrahim de la gouvernance africaine 2011, publié à l’occasion du cinquième anniversaire de la Fondation Mo Ibrahim, montre clairement que les pays qui poursuivent une approche équilibrée, visant à améliorer progressivement toutes les dimensions de la gouvernance plutôt que quelques unes d’entre elles, obtiennent les meilleures performances.

En cinq ans, les progrès les plus remarquables ont été réalisés par le Libéria et la Sierra Leone, qui émergent tous deux d’une longue guerre civile. Les deux pays se sont améliorés parallèlement dans chacune des quatre catégories de gouvernance de l’Indice : Sécurité et Souveraineté du droit ; Participation et Droits de l’homme ; Développement économique durable et Développement humain.

Sur la même période, les pays qui se sont systématiquement classés dans les cinq premières places pour la performance globale de gouvernance (Maurice, Cap-Vert, Botswana, Seychelles et Afrique du Sud) ont, jusqu’à présent, réalisé d’excellentes performances dans chacune des quatre catégories.

Mais la tendance générale en Afrique est au déséquilibre. Si de nombreux pays ont amélioré leur score à la fois dans les catégories Développement économique durable et Développement humain, ce progrès ne se reflète pas dans les catégories Sécurité et Souveraineté du droit et Participation et Droits de l’homme.

Madagascar, qui connait depuis quelque temps des troubles civils, enregistre le recul le plus frappant. Cette situation s’explique largement par de mauvais résultats dans les catégories Sécurité et Souveraineté du droit, et Participation et Droits de l’homme.

Commentant ces résultats, Mo Ibrahim, fondateur et Président de la Fondation, a déclaré :

« Nous avons constaté cette année que la majorité des jeunes Africains n’acceptent plus l’approche sélective de gouvernance adoptée par plusieurs dirigeants de notre continent. Nos jeunes exigent une approche globale, équitable et inclusive de la gestion de leur pays. Les conclusions de l’Indice font écho à cette demande : la réussite en matière de gestion économique et de développement humain, même remarquable, ne pourra perdurer si le déficit démocratique persiste. Les pays qui font les « success stories » de notre continent fournissent la totalité de la gamme de biens et services publics que les citoyens sont en droit d’attendre de leurs dirigeants, et forgent un chemin qui, nous l’espérons, sera suivi par d’autres. »

Les principales conclusions de l’Indice pour ces cinq dernières années (2006 à 2010) sont les suivantes :

 La stabilité sur la période de la moyenne continentale de l’indice global de gouvernance masque en réalité des différences importantes de performance entre pays et entre catégories.

 Le Libéria améliore sa performance dans chacune des quatre catégories et dans 13 des 14 sous-catégories.

 Le Togo et l’Angola ont également enregistré des améliorations significatives.

Le score du Togo a augmenté dans chacune des quatre catégories et en particulier dans Participation et Droits de l’homme, le score le plus faible du Togo en 2006.

L’Angola a amélioré son score dans trois catégories, notamment Participation et Droits de l’homme et Développement humain. C’est dans ces deux catégories que les scores de l’Angola étaient les plus faibles en 2006.

 L’Égypte, la Libye et la Tunisie illustrent avec force le déséquilibre entre la faiblesse des performances en matière de Sécurité et Souveraineté du droit et de Participation et Droits de l’homme, et le très bon niveau atteint en matière de Développement économique durable et de Développement humain. Ce déséquilibre de performance entre Développement humain et Participation & Droits de l’homme a vraisemblablement été un facteur de déclenchement de la révolution.

Alors que ces trois pays se classent dans les dix premiers de la catégorie Développement humain et que l’Égypte et la Tunisie se classent également dans les dix premiers de la catégorie Développement économique durable, les trois pays se classent dans la moitié inférieure de l’Indice pour Participation et Droits de l’homme, avec des scores inférieurs à la moyenne du continent.

 Principales tendances par catégories :

Développement économique durable : 38 pays ont amélioré leur score, dont trois de manière importante. Aucun pays n’a reculé de manière significative.

Développement humain : 48 pays ont amélioré leur score.

Dans la sous-catégorie Santé tous les pays, sauf deux, ont amélioré leur score et les deux baisses restent marginales .

Sécurité et Souveraineté du droit : 36 pays ont reculé, dont un de manière importante.

Participation et Droits de l’homme :39 pays ont reculé, dont un de manière importante.

Les reculs les plus marqués dans les catégories Sécurité &Souveraineté du droit et Participation et Droits de l’homme sont sensiblement plus importants que les améliorations concomitantes dans les catégories Développement économique durable et Développement humain.

Les cinq premiers de l’Indice Ibrahim 2011

1er : Ile Maurice, 82

2ème : Cap-Vert, 79

3ème : Botswana, 76

4ème : Seychelles, 73

5ème : Afrique du Sud, 71

Les cinq derniers de l’Indice Ibrahim 2011

49ème : République centrafricaine, 33

50ème : Rép. démocratique du Congo, 32

51ème : Zimbabwe, 31

52ème : Tchad, 31

53ème : Somalie, 8

Informations complémentaires :

 La totalité des données constituant l’Indice Ibrahim 2011 sera publiée sur le site internet de la Fondation : www.moibrahimfoundation.org/fr/indice

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