Cinq « trucs » pour être régularisé en France

Pour un clandestin, l’obtention d’une autorisation de séjour en France relève du parcours du combattant. Plusieurs travailleurs sans papiers se sont mis en grève depuis le 15 avril et ont relancé leur mouvement le 26 mai. Mais parfois une Palme d’or, un but, un acte de bravoure ou un article peuvent changer une vie d’immigré clandestin ou jugé comme tel.

Comment être régularisé en France en cinq leçons. La formule est empruntée à l’écrivain camerounais Luc Bassong, auteur de l’excellent livre Comment immigrer en France en 20 leçons publié chez Max Milo éditions. Un petit répertoire s’impose presque face à l’actualité récente des régularisations en France qui sortent des sentiers battus de la longue procédure administrative. Le dernier moyen en date pour en finir avec la clandestinité est une Palme d’or. Aïssata Ba, de nationalité malienne, la mère de Boubakar, acteur du film Entre les murs de Laurent Cantet, distinguée dimanche à la 61e édition du festival de Cannes, est en passe d’être régularisé. Tout comme, l’un des acteurs du film d’origine congolaise, qui se trouve également être un sans-papiers. Coïncidence ou simple hasard du calendrier, la préfecture de police de Paris a indiqué mercredi qu’ Aïssata Ba disposait de « l’ensemble des pièces fournies » justifiant une régularisation. La Malienne est la mère et l’épouse d’un Français et la procédure qui est en passe d’aboutir a été lancée plusieurs mois plus tôt avec le parrainage de Laurent Cantet.

Au top 5 des moyens pour bénéficier d’une régularisation expresse figure, à la deuxième place, la prouesse sportive. Le footballeur sénégalais Papa Idrissa N’Doye en sait quelque chose. Il a obtenu son titre de séjour après son but salvateur face à l’Olympique de Marseille, l’équipe préférée de l’ancien attaquant du club du Dia raf de Dakar. Cet exploit a offert un ticket à sa petite équipe amateur de Carquefou de CFA2 (5e division) pour les quarts de finale de la Coupe de France. Du talent donc, ou encore un peu de courage peuvent changer l’horizon d’un immigré clandestin. Anis Miladi, un Tunisien de 21 ans, a obtenu le 20 mai la garantie d’obtenir un titre de séjour d’un an pour acte de bravoure. Cette faveur de l’Etat français est sa récompense pour avoir sauvé des flammes une vieille dame de 96 ans, en avril dernier, à Villejuif. Le jeune homme, étudiant en bac pro de plomberie, était sous le coup d’un arrêté d’expulsion.

En espérant le miracle, miser sur la lutte

Enfin dernier recours possible, faire la « Une » des journaux, ou du moins d’un quotidien que Brice Hortefeux lit. A l’instar d’Isabelle Guérin, cette veuve de 38 ans d’origine béninoise, dont l’histoire rapportée dans les colonnes du Monde a attiré l’attention du ministre de l’Immigration. Dans le communiqué qui annonçait le dimanche 6 avril dernier sa régularisation, il est précisé que Brice Hortefeux a « pris connaissance des faits samedi après-midi à la lecture du journal Le Monde ». Le ministère est revenu sur la décision du préfet d’Indre-et-Loire qui n’avait pas autorisé le renouvellement du titre de séjour de Madame Guerin. Une décision motivée par le décès de son époux français, d’un cancer, en octobre 2007.

Ces situations exceptionnelles rappellent combien le droit de rester en France pour un clandestin tient du miracle. Cependant, la lutte demeure la modalité la plus simple pour espérer une régularisation. Les travailleurs sans papiers se sont mis en grève depuis le 15 avril pour la réclamer. Initié par la CGT et l’association Droits Devant !, le mouvement est entré dans une deuxième phase depuis le 26 mai dernier. La CGT espère « 200 régularisations effectives (…) dans la semaine », selon Raymond Chauveau, le responsable de la CGT-Essonne, rapporte l’AFP. Sur les 1000 demandes déposées depuis le 15 avril, seules 70 régularisations ont été obtenues.