Chiffres démocratiques !

96,61% des trois millions et demi de Tunisiens ont dit oui au référendum sur une réforme de la Constitution qui ouvre la voie à un quatrième mandat pour le président Zine El Abidine Ben Ali en 2004. L’opposition tunisienne préfère parler de Ben à vie. La rime tourne au cauchemar. Le rêve de changement en continuité.

 » Etes-vous d’accord sur le projet de loi constitutionnelle relative à l’amendement de certaines dispositions de la Constitution, adoptée par la Chambre des députés lors de sa séance plénière du 2 avril 2002 et publiée au Journal officiel de la république tunisienne ?  » C’est à cette question lancinante que les Tunisiens ont été invités à répondre oui ou non. Le mystère est insoutenable : le oui franc et massif sera-t-il de 90, 95 ou 99% ? avons-nous dit vendredi. Il est de 96,61% avec un taux de participation de 95%.  » Les 0,39% qui ont dit non sont recherchés par la police « , s’amuse un opposant. Des chiffres à donner le tournis.

Le silence assourdissant de la communauté internationale est à la mesure des résultats bénaliens : abracadabrabtesque. Sous le motif de lutte contre l’intégrisme, on ferme les yeux sur le régime policier tunisien. Mieux (ou pis), on loue sa détermination et sa rigueur. C’est oublier très vite, trop vite, que l’opposition tunisienne n’est pas violente. Elle est pacifique et démocratique. Même le Nahda, parti islamiste tunisien, a renoncé à la violence. Le régime de Ben Ali combat la démocratie. Avec détermination et rigueur. Et la communauté internationale applaudit.

Résultat du référendum de dimanche : Ben Ali est un président à vie qui bénéficie d’une immunité éternelle et la démocratie est plus que jamais entre des parenthèses d’acier… que rêver de plus cauchemardesque.