Cheb Bilal, la relève du raï

Depuis Faudel, rien de très significatif n’était venu égayer la planète raï en France. Jusqu’à Cheb Bilal. D’Oran à Paris, en passant par Marseille, le jeune artiste pose avec son album Sidi Sidi les solides jalons d’une belle carrière.

Inutile de vous demander de retenir le nom de Cheb Bilal, car il y a fort à parier qu’il sera bientôt l’une des grandes stars du raï. Il est jeune, plein de talent, bien entouré, tous les ingrédients sont là pour qu’il dure et s’installe confortablement auprès de ceux qui hier le faisaient rêver. Avec son album Sidi Sidi, Bilal joue déjà dans la cour des grands. Sans conteste.

Dès le premier morceau de l’album, qui porte d’ailleurs le même nom, Bilal, auteur, compositeur et interprète, annonce la couleur. Violons, cuivres, basse, congas, derbouka, batteries, sa musique est placée sous le signe de l’orchestration. Elle remise au placard le sempiternel raï usiné au synthétiseur et rend au genre toute sa dimension.

Métissage fidèle

On sent une nouvelle force dans la musique de Bilal, un nouveau souffle. Commencez une simple musique à la derbouka et au violon, ajoutez-y une contrebasse et le feu d’une guitare gitane puis lâchez la voix de Bilal, vous obtenez,  » Rak Mrid « , un tube à la fois riche et léger. Un nouveau raï. Un raï qui intègre les diverses influences de l’artiste sans trahir son identité profondément maghrébine. Il peut introduire un accordéon, un piano jazz, une basse funky ou une batterie dance, rien n’y fait, il reste toujours savoureusement enraciné dans sa propre culture.

Car lorsqu’il chante, Cheb Bilal est définitivement plus à l’aise en arabe qu’en français. Sa voix profonde et claire, très juste sur les tempos, se coule parfaitement dans la musique. L’album est un incontournable de la nouvelle vague d’un raï moderne et contemporain et peut être même un futur classique. Pas d’hésitation à avoir.

Cheb Bilal, Sidi Sidi, Polydor (Universal)

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